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Le film de David Cronenberg présenté à Cannes pourrait chatouiller l'industrie

19/05/2014 01:25 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

CANNES, France - Le film «Maps to the Stars» du réalisateur canadien David Cronenberg, mettant en vedette une brochette impressionnante d'acteurs composée de Julianne Moore, John Cusack et Robert Pattinson, était présenté en première mondiale, lundi à Cannes.

Le long métrage en compétition officielle pourrait donner à Cronenberg, un vétéran dans le métier, sa première Palme d'or.

L'histoire cauchemardesque, ultra-réaliste de narcissisme et de dysfonction familiale à Hollywood que raconte «Maps to the Stars» pourrait bien toucher une corde sensible dans l'industrie du cinéma. Benjie Weiss, un détestable enfant acteur et ancien toxicomane, gagne 300 000 $ par semaine. Il est incarné avec brio par Evan Bird, un acteur de 13 ans qui n'est pas sans ressembler à un jeune Justin Bieber.

Le thème de l'inceste y est présent littéralement, dans la relation étrange que développe Benjie avec sa soeur défigurée Agatha, mais aussi métaphoriquement, dans la manière suffocante du réalisateur de montrer les liens qui unissent les vedettes de la communauté hollywoodienne.

Julianne Moore est époustouflante dans le rôle de Havana Segrand, une actrice de 40 ans, hystérique et désespérée, qui vit dans l'ombre de sa mère — une légende de Hollywood, toujours «jeune» — et qui couche avec des réalisateurs pour ne pas tomber dans l'oubli.

Le film fait aussi référence à toutes sortes de stratégies utilisées pour faire mousser les carrières, de la conversion à la scientologie aux passages à l'émission «Oprah».

En conférence de presse à Cannes, Mme Moore a évité de répondre aux questions de journalistes lui demandant si le film était un reflet de l'industrie cinématographique, et est demeurée polie au sujet de Hollywood — malgré le message évident que porte son personnage.

«J'aime l'industrie du cinéma. Je ne suis pas ici pour la dénigrer», a-t-elle répondu.

«Il n'y a rien de repoussant dans l'industrie du cinéma. Tout est fabuleux», a ajouté M. Cronenberg, sourire en coin.

Seul John Cusack, qui incarne un gourou de la croissance personnelle pour acteurs, a avoué que le portrait dysfonctionnel et névrosé qui est présenté est fidèle à la réalité actuelle.

«C'est un écosystème très familier (...) de peur, de cupidité et de désespoir. Et il y a toutes sortes de personnes qui fonctionnent là-dedans à Los Angeles — et qui entretiennent ce système, qui y sont des prédateurs», a-t-il déclaré.

Le public a éclaté de rire, parfois de surprise, durant la projection. Il s'agit du film le plus drôle non seulement de David Cronenberg mais aussi à Cannes jusqu'à maintenant. Peut-être le plus sombre aussi...

Vendredi dernier, une deuxième proposition canadienne en compétition à Cannes, «The Captive», d'Atom Egoyan, avec Ryan Reynolds, n'a pas été très bien accueillie — le film a même été sifflé après la projection.

Le plus récent film du Québécois Xavier Dolan, «Mommy», sera présenté ce jeudi, aussi en compétition officielle.

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