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Le chef de l'armée libyenne appelle les milices islamistes en renfort à Tripoli

19/05/2014 08:40 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

TRIPOLI, Libye - Le chef de l'armée libyenne a ordonné le déploiement de miliciens islamistes à Tripoli, lundi, en réaction à l'attaque menée contre le parlement par les forces d'un général rebelle, ouvrant la voie à un possible affrontement entre les différentes milices du pays.

La révolte du général Khalifa Hafter menace de provoquer une guerre ouverte entre les multiples milices qui ont proliféré en Libye à la suite de la guerre civile en raison de la faiblesse du gouvernement central et de l'armée.

Hafter affirme que son objectif est d'écraser les islamistes, qu'il accuse de contrôler du pays, et il semble bénéficier du soutien de certaines milices de l'est de la Libye et de la région de Zenten, dans l'ouest.

Dans l'autre camp, le président du Parlement, Nouri Bousahmein, a demandé à un puissant regroupement de milices majoritairement islamistes surnommé le «Bouclier de la Libye» de se mobiliser, lundi, afin de repousser les troupes de Khalifa Hafter.

Ces troubles aggravent le chaos dans lequel la Libye patauge depuis le renversement et l'assassinat de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011. Outre le pouvoir limité du gouvernement et de l'armée, le Parlement du pays est divisé entre des partis politiques islamistes et non islamistes chacun appuyé par des milices rivales.

Le général Hafter, qui s'est battu contre Kadhafi, semble vouloir profiter du mécontentement de la population pour se débarrasser des extrémistes et imposer une réelle autorité.

Dimanche, ses forces ont envahi le parlement dans la capitale, saccageant l'édifice. Deux personnes auraient été tuées et plus de 50 autres blessées. Les alliés du général ont ensuite annoncé l'interruption de la session parlementaire et la mise en place d'un nouveau comité d'urgence chargé de diriger le pays. Cette déclaration a toutefois eu peu d'effet et les troupes se sont retirées plus tard dimanche.

L'assaut à Tripoli faisait suite à d'autres effectués à Benghazi, dans l'est de la Libye, par les forces de Khalifa Hafter contre des milices islamistes. Selon les autorités, ces combats ont fait 70 morts.

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