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La consommation mondiale de poisson grimpe en flèche (FAO)

19/05/2014 11:21 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

La consommation mondiale de poisson, première denrée commercialisée dans le monde, a grimpé en flèche au cours des 50 dernières années, doublant pratiquement entre 1960 et 2012 grâce à l'aquaculture, selon un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l' alimentation (FAO) publié lundi.

Selon la FAO, la consommation mondiale par tête a atteint 19 kilos par an - contre 10 kilos en 1960, soit 158 millions de tonnes en 2012, "10 millions de tonnes de plus qu'en 2010".

Si les captures marines sont demeurées stables par rapport à 2010 avec environ 80 millions de tonnes, en revanche "la production aquacole mondiale a affiché un record de plus de 90 millions de tonnes en 2012" dont la Chine a représenté "plus de 60% du total", précise-t-elle.

Selon ce rapport intitulé "La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture", l'aquaculture a progressé au rythme moyen de 6,2% par an entre 2002 et 2012, dont une nette augmentation de 12% en Afrique et 10% en Amérique Latine, mais seulement 5,5% en Chine: elle reste le principal producteur mais la croissance tend désormais à ralentir.

La FAO signale tout de même que pour continuer de croître "de façon durable", l'aquaculture devra devenir moins dépendante du poisson sauvage pour nourrir ses élevages.

Quinze pays totalisent 93% de la production aquacole mondiale, dont le Chili et l'Égypte qui ont dépassé en 2012 le million de tonnes produites.

Pour le poisson sauvage, "moins de 30% des stocks qui font l'objet d'un suivi régulier par la FAO sont surexploités", indique l'organisation qui y voit le "signe positif d'un renversement de la tendance observée au cours des dernières années", après des tentatives drastiques de réguler la pêche au niveau régional et international. Selon elle, "un peu plus de 70%" des stocks sont pêchés à des niveaux "biologiquement durables".

Dans le monde, une dizaine d'espèces particulièrement productives représentaient le quart des prises en 2011 dont 60% des stocks sont déjà "pleinement exploités".

Le poisson est devenu "l'une des denrées les plus échangées à l'échelle mondiale", précise la FAO, ce marché atteignant (en 2012) une valeur globale de 130 milliards de dollars, chiffre qui a de fortes chances d'augmenter encore jugent les auteurs, avec plus de 200 pays exportateurs.

En outre, plus de la moitié (54%) des exportations en valeur (et plus de 60% en volumes) étaient réalisées par des pays en développement ce qui fait de la pêche et de l'aquaculture un élément de développement "décisif" de nombreuses économies locales.

La Chine reste de loin le premier exportateur, pourtant elle est aussi devenue le troisième importateur de produits de la pêche après les États-Unis et le Japon. L'Union européenne pour sa part reste le principal marché d'importation et sa dépendance ne cesse de croitre.

Dans les pays en développement, le poisson et ses dérivés assurent souvent la moitié de la valeur des exportations. Et pourtant en 2012, il ne représentait que 10% des exportations d'origines "agricoles" et 1% de la valeur totale des échanges mondiaux.

Le poisson représente 17% des apports en protéines dans le monde et jusqu'à 70% dans certains pays côtiers. Il fait vivre 10 à 12% de la population mondiale, soit quelque 60 millions de personnes, en grande majorité (84%) en Asie. "Depuis 1990, l'emploi dans le secteur a progressé plus vite que la croissance démographique", insiste la FAO.

Ce qui confère à la pêche et à l'aquaculture "un rôle critique croissant pour de nombreuses économies": 90% des pêcheurs professionnels dans le monde pratiquent une pêche artisanale et 15% sont des femmes.

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