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«Jauja», «Respire» et «Geronimo»: trois films en marge de la compétition officielle

19/05/2014 10:37 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT
Ian Gavan via Getty Images
CANNES, FRANCE - MAY 18: Melanie Laurent attends 'The Homesman' premiere during the 67th Annual Cannes Film Festival on May 18, 2014 in Cannes, France. (Photo by Ian Gavan/Getty Images)

En marge de la compétition officielle du Festival de Cannes, trois films étaient présentés dimanche et lundi: le film argentin Jauja (sélection Un certain regard), Respire de la Française Mélanie Laurent (Semaine de la critique) et Geronimo du Français Tony Gatlif, présenté en séance spéciale.

Jauja, dernier long métrage onirique de l'Argentin Lisandro Alonso, a été très applaudi par la critique internationale lors de sa projection dimanche soir au Festival de Cannes.

Dans ce film aux plans léchés, le réalisateur plonge le spectateur au fond de la Patagonie, en 1882, sur les pas d'un ingénieur danois (Viggo Mortensen) lancé dans une quête solitaire et désespérée.

Le capitaine Gunnar Dinesen arrive tout juste du Danemark avec sa fille de 15 ans, Ingeborg, pour occuper un poste d'ingénieur dans l'armée argentine, alors que la «Conquête du désert» (campagne génocidaire menée contre les indigènes de la région), bat son plein.

Seule femme dans cet avant-poste isolé, la jeune fille, ravissante, fait tourner les têtes.

Le film, aux dialogues rares, laisse avant tout parler les paysages grandioses et torturés de la Patagonie et les visages. «Les images sont plus fortes que ce que disent les personnages. Je ne crois pas dans les mots. Les mots ne m'importent pas», a expliqué Lisandro Alonso en présentant son film.

Jauja a été sélectionné dans la catégorie Un certain regard.

Invitée pour une séance spéciale hors compétition, Mélanie Laurent est de retour à Cannes pour un second film en tant que réalisatrice et coscénariste. Après Les adoptés (2011), l'actrice-cinéaste signe Respire, un drame psychologique particulièrement maîtrisé et très favorablement accueilli en projection de presse.

Avec ce long métrage attendu en salles le 12 novembre, Mélanie Laurent, 31 ans, porte à l'écran un roman d'Anne-Sophie Brasme qui met en scène la lente et tragique désagrégation de l'amitié entre deux lycéennes nourrie par l'amour à sens unique, la jalousie, l'abandon, le harcèlement et puis la vengeance. Le film n'est pas sans rappeler La vie d'Adèle, mais sur un mode cruel.

La réalisatrice s'est lancée dans l'adaptation du livre en pensant à Lou de Lâage et Joséphine Japy qui ont, comme elle l'espérait, accepté ces rôles sur mesure.

«J'ai découvert le livre quand j'étais lycéenne. À l'époque, il m'avait énormément marquée. On croise tous, à un moment donné de sa vie, quelqu'un de fascinant et dangereux, qui nous rend faible, jaloux et possessif. Une partie de nous s'efface et on se laisse volontairement vampiriser, ce qui peut laisser des traces», explique Mélanie Laurent qui s'est lancée dans la réalisation en 2008 avec deux courts métrages.

Autre film présenté hors compétition en séance spéciale, celui de Tony Gatlif. Le réalisateur français signe une sorte de West Side Story turco-gitan, où batailles de hip-hop et flamenco remplacent les combats de rue.

Quelque part dans le sud de la France, en région catalane, Géronimo, éducatrice de rue au passé difficile, tente de canaliser la violence des enfants du quartier. Elle prend sous son aile Nil, jeune fille d'origine turque qui a fui le jour de ses noces le mari qu'on voulait lui imposer pour rejoindre Lucky, son bien-aimé, de famille gitane. La famille de Nil, blessée dans son honneur et en vertu de lois archaïques, va vouloir se venger.

Tony Gatlif s'est entouré d'acteurs non professionnels, comme il l'avait déjà fait pour Transylvania avec Asia Argento. «Je voulais que ce soit vivant, que personne ne donne l'impression de jouer», a-t-il expliqué.

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