NOUVELLES

Irak: le bloc du Premier ministre en tête aux législatives, mais sans la majorité

19/05/2014 10:24 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT
Pool via Getty Images
WASHINGTON, DC - NOVEMBER 01: Iraqi Prime Minister Nouri Al-Maliki looks on during a meeting with U.S. President Barack Obama in the Oval Office at the White House November 1, 2013 in Washington, DC. Al-Maliki was expected to request additional U.S. assistance in battling a rising wave of violence in Iraq. (Photo by Olivier Douliery-Pool/Getty Images)

Le bloc du Premier ministre irakien sortant est arrivé en tête aux élections législatives du 30 avril, mais n'a pas obtenu la majorité des sièges, ouvrant la voix à de nouvelles tractations entre partis pour la formation d'un gouvernement.

Selon les résultats annoncés par la Haute commission électorale irakienne (IHEC), l'Alliance pour l'État de droit de Nouri al-Maliki a obtenu 92 sièges sur les 328 que compte le Parlement irakien, loin devant les autres formations.

Dans la capitale, le bloc de M. Maliki a obtenu 30 sièges, et est arrivé premier dans 10 des 18 provinces du pays pour ce scrutin, le premier depuis le retrait des forces américaines du pays fin 2011.

Lors des dernières législatives de 2010, M. Maliki avait obtenu 89 sièges.

Le résultat du lundi ne sera cependant pas suffisant pour former seul un gouvernement, et le camp de M. Maliki va devoir poursuivre les négociations déjà entamées avec d'autres formations politiques, notamment sunnites et kurdes, pour être reconduit à la tête du gouvernement pour un troisième mandat.

Les principaux groupes rivaux de M. Maliki ont obtenu entre 19 et 29 sièges chacun, selon un décompte de l'AFP à partir des résultats publiés par l'IHEC.

Plusieurs de ces partis, dont celui de l'ancien Premier ministre Iyad Allawi, celui de l'influent chef chiite Moqtada Sadr et celui du président de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani- refusent l'idée d'un troisième mandat de M. Maliki, qu'ils accusent d'avoir accaparé le pouvoir et failli à enrayer la spirale de violence qui a fait plus de 3 500 morts depuis le début de l'année.

Son second mandat a aussi été marqué par les tensions avec la région autonome du Kurdistan, l'impossibilité manifeste de faire voter des lois d'importance au Parlement et la résurgence des dissensions entre sunnites et chiites.

Candidat à Bagdad, le Premier ministre reste néanmoins populaire parmi son électorat: il a remporté sur son nom propre 721 000 voix, le plus gros score au niveau national, favorisant néanmoins la perspective d'un troisième mandat.

La formation d'un gouvernement pourrait durer longtemps. Après les dernières législatives en 2010, les tractations entre groupes politiques avaient pris plusieurs mois.

- Détérioration de la sécurité -

Ses détracteurs accusent M. Maliki de renforcer son pouvoir, surtout au sein des services de sécurité, et lui reprochent l'énorme détérioration de la sécurité au cours des derniers mois.

Le Premier ministre, estime pour part que ce sont ses partenaires au sein de la coalition hétéroclite qui l'ont empêché de mener à bien son action, en bloquant notamment des lois au Parlement. Il a ainsi fait campagne sur la nécessité d'en finir avec les gouvernements d'unité nationale, et le besoin d'une majorité claire.

Mais, consciente qu'une alliance serait plus probable qu'une majorité, l'Alliance pour l'Etat de droit avait envoyé début mai une lettre à des formations rivales leur proposant un programme pour le futur gouvernement.

Dans ce courrier, dont l'AFP a pu voir une copie, le bloc de M. Maliki propose un programme en 18 points appelant notamment les partenaires potentiels à soutenir les droits des femmes, une distribution équitable des richesses et le rejet des politiques sectaires.

Outre le choix d'un Premier ministre, les différents partis vont également devoir s'accorder sur les nominations des prochains présidents de la République et du Parlement.

Selon un accord non écrit mais accepté de facto par les trois principales communautés irakiennes, la présidence revient à un Kurde, le Premier ministre est chiite et la présidence du Parlement est donnée à un sunnite.

Homme à poigne et militant chiite de longue date, M. Maliki a passé de nombreuses années en exil, notamment en Iran et en Syrie après avoir quitté le pays au début des années 1980.

Rentré en Irak après le renversement du président Saddam Hussein par les forces américaines en avril 2003, il a joué un rôle de premier plan dans les affaires publiques, avant de prendre la tête du gouvernement en 2006.

INOLTRE SU HUFFPOST

Iraq Votes