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Irak: le bloc du Premier ministre en tête des législatives

19/05/2014 03:05 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

Le bloc du Premier ministre irakien sortant Nouri al-Maliki est arrivé largement en tête des élections législatives du 30 avril, renforçant son statut de favori pour un 3e mandat malgré l'absence de majorité absolue.

Afin de former un gouvernement, M. Maliki, un chiite, va devoir courtiser des formations rivales, dont certaines très critiques à son égard. Ses détracteurs l'accusent de dérive autocratique et d'avoir failli à enrayer la spirale de violences qui a fait plus de 3.500 morts depuis le début de l'année.

Selon les résultats provisoires annoncés lundi par la Haute commission électorale irakienne (IHEC), l'Alliance pour l'Etat de droit de M. Maliki a obtenu 92 sièges sur les 328 que compte le Parlement, et le Premier ministre lui-même, candidat à Bagdad, a obtenu 721.000 voix, le plus gros score au niveau national.

"Je remercie tous ceux qui ont voté pour nous, et vous félicite de cette grande victoire", a lancé M. Maliki à ses partisans dans une allocution télévisée.

Des tirs de joie ont retenti dans la Zone verte de Bagdad, un quartier ultra-sécurisé où se trouvent les bureaux de M. Maliki et les ambassades américaine et britannique, ainsi que dans d'autres secteurs de la capitale.

- Meilleur score -

Ces résultats "installent M. Maliki pour un 3e mandat", relève Ayham Kamel, directeur pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord au Consultant Eurasia group. "Cela ne sera pas sans défis, mais il est clair que sa coalition s'en est sortie avec un meilleur score que lors du dernier scrutin" en 2010 (89 sièges).

Cette année, pour les premières élections depuis le départ des troupes américaines d'Irak fin 2011, le bloc de M. Maliki est arrivé premier dans 10 des 18 provinces et a obtenu 30 sièges à Bagdad.

Les principales autres formations ont obtenu entre 16 et 33 sièges chacune, selon les résultats qui attendent d'être validés par la Cour suprême.

Parmi elles, celle de l'ex-Premier ministre Iyad Allawi, celle de l'influent chef chiite Moqtada Sadr ou celle du président de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani, refusent l'idée d'un nouveau mandat de M. Maliki, qu'ils accusent d'accaparer le pouvoir.

Son second mandat a aussi été marqué par les tensions avec les Kurdes, la paralysie du Parlement et la résurgence des dissensions entre la majorité chiite et la minorité sunnite qui s'estime marginalisée.

La formation d'un gouvernement pourrait donc prendre des mois, comme en 2010.

- Début des tractations -

M. Maliki renvoie la balle dans le camp de ses partenaires au sein de la coalition hétéroclite, qu'il, accuse de l'avoir empêché de mener à bien son action en bloquant surtout des lois au Parlement.

Durant sa campagne électorale, il avait souligné la nécessité d'en finir avec les gouvernements d'unité nationale et le besoin d'une majorité claire.

Mais, conscient qu'une alliance serait plus probable qu'une majorité, son bloc a commencé par avance les tractations en envoyant début mai une lettre à des blocs rivaux leur proposant un programme pour le futur gouvernement.

Dans ce courrier, dont l'AFP a pu voir une copie, le bloc Maliki propose un programme en 18 points favorisant notamment les droits des femmes, une distribution équitable des richesses et le rejet des divisions confessionnelles.

Mais il propose aussi la décentralisation et l'approbation rapide de trois lois clés -sur les partis politiques, le secteur énergétique et la création d'une Chambre haute du Parlement.

Outre le choix d'un Premier ministre, les différents partis vont également devoir s'accorder sur les nominations des prochains présidents de la République et du Parlement.

Selon un accord non écrit mais accepté de facto par les trois principales communautés d'Irak, la présidence de l'Etat revient à un Kurde, celle du gouvernement à un chiite et celle du Parlement à un sunnite.

Les Etats-Unis, dont les troupes avaient envahi l'Irak en 2003 et renversé le dictateur Saddam Hussein, et la mission de l'ONU en Irak ont favorablement accueilli les résultats des élections. L'ambassade américaine à Bagdad a salué "une preuve du courage et de la résilience du peuple irakien, et une étape importante pour le processus démocratique".

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