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Fusée Ariane 6: Paris confiant sur un accord avec Berlin

19/05/2014 05:47 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

La ministre française de la Recherche, Geneviève Fioraso, a bon espoir de trouver un accord avec Berlin sur la future fusée européenne Ariane 6, dont les choix ont été récemment remis en cause par le chef de l'Agence spatiale allemande (DLR).

La semaine dernière, le patron de la DLR, Johann-Dietrich Wörner, avait déploré la configuration choisie pour la future Ariane 6, en particulier le choix d'une propulsion solide et non liquide qui serait moins coûteuse selon lui.

"Nous avons toujours demandé qu'Ariane 6 soit plus flexible pour s'adapter à un marché volatil", avait déclaré le responsable allemand au quotidien économique français Les Echos.

"La position allemande ne se résume pas aux déclarations d'un directeur d'agence", répond Mme Fioraso dans une interview publiée lundi par le Figaro.

"En réalité, avec mon homologue allemande Brigitte Zypries, nous sommes désormais dans de meilleures conditions pour converger et trouver un accord, car nous avons posé en amont tous les jalons de la concertation avec les industriels, les organismes de recherche et les opérateurs", assure la ministre française chargée de l'espace.

Les deux ministres doivent participer ce lundi à Berlin à un colloque organisé à l'occasion des 50 ans de l'Agence spatiale européenne (ESA).

Une conférence des ministres européens de l'Espace à Naples en 2012 avait décidé de fabriquer une nouvelle version du lanceur actuel Ariane 5, baptisé Ariane 5 ME pour "midlife evolution", et de lancer des études sur son successeur, Ariane 6. L'ESA a depuis retenu une configuration pour Ariane 6 que l'Allemagne conteste.

"A Naples, nous sommes tombés d'accord sur une configuration qui correspondait à un environnement concurrentiel donné. Quand celui-ci évolue, et c'est le cas avec l'américain SpaceX, nous pouvons être amenés à nous adapter", a reconnu Geneviève Fioraso, qui ne ferme pas la porte aux préoccupations exprimées par ses partenaires allemands.

"La future Ariane doit être plus compétitive face à la concurrence internationale. SpaceX nous bouscule mais n'oublions pas que nous faisons la course en tête avec Ariane", dont la version actuelle affiche un record avec 59 tirs réussis d'affilée, dit la ministre.

Société privée largement financée par la Nasa pour prendre la relève des navettes spatiales, SpaceX a notamment mis au point le lanceur Falcon 9 et le cargo spatial Dragon, chargé de ravitailler la Station spatiale internationale (ISS).

Pour la prochaine réunion des ministres européens de l'Espace, prévue en 2014, "la France sera prête avec une solution compétitive" et proposera "un schéma crédible, en tenant compte du facteur coût, compétitivité, de la fiabilité, avec un mode de gouvernance plus intégré", promet Mme Fioraso, soulignant toutefois: "nous sommes attachés à Ariane 6 avec l'étape intermédiaire Ariane 5 ME".

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