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Elections belges: le carré d'as

19/05/2014 06:04 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

L'avenir de la Belgique, où se tiennent dimanche des élections législatives et régionales, dépend en grande partie du résultat qu'obtiendront les quatre hommes forts du royaume, deux Flamands et deux francophones, et de leur capacité -- ou pas -- à s'entendre pour former un nouveau gouvernement.

- ELIO DI RUPO, Premier ministre sortant

A 62 ans, l'homme fort du Parti socialiste francophone, qui a accédé au pouvoir en décembre 2011 à l'issue de la plus longue crise politique de l'histoire du royaume, souhaite prolonger son bail à la tête du gouvernement.

Pendant son mandat, la Belgique a assaini ses finances publiques en faisant 22 milliards d'euros d'économies tout en préservant l'essentiel de la protection sociale, et en mettant en place un nouveau transfert de compétences aux régions. Mais certaines de ses mesures, comme une limitation des allocations de chômage, sont impopulaires, et l'extrême gauche (PTB) pourrait lui ravir des voix en Wallonie. Il doit aussi surveiller sur sa droite le score des libéraux du Mouvement réformateur.

Social-démocrate et fervent partisan de l'unité de la Belgique, il s'oppose au néolibéralisme et au séparatisme de la Nouvelle alliance flamande (N-VA).

- BART DE WEVER, président des indépendantistes flamands

Homme politique le plus populaire côté néerlandophone, le co-fondateur de la Nouvelle-alliance flamande a transformé en une dizaine d'années sa petite formation indépendantiste en parti le plus puissant de Flandre. Populiste, fin stratège et excellent communicateur, il fustige le "modèle PS" incarné par Elio Di Rupo, synonyme pour lui de gabegie.

Convaincu que la Flandre deviendra un jour un Etat indépendant au sein d'une Union européenne, l'actuel maire d'Anvers, 43 ans, historien de formation, ne brigue pas ouvertement le poste de Premier ministre. Mais il souhaite que la N-VA prenne les rênes d'un gouvernement clairement orienté à droite.

Pratiquement assuré de conserver son leadership en Flandre, il espère dépasser la barre symbolique des 30%, ce qui le mettrait en position de force pour imposer ses vues. Il doit toutefois craindre que les autres partis flamands s'unissent contre lui et, pour diriger le pays, il devra vaincre l'hostilité qu'il inspire chez de nombreux francophones.

- DIDIER REYNDERS, ministre des Affaires étrangères

Ambitieux chef de la diplomatie dans le gouvernement Di Rupo, après avoir été ministre des Finances pendant une dizaine d'années, la figure de proue des libéraux francophones (Mouvement réformateur) conteste la prééminence des socialistes en Wallonie et à Bruxelles.

Ses adversaires ont souligné les points de convergence entre son programme socio-économique libéral et celui de la N-VA, le forçant à prendre ses distances avec les nationalistes flamands en assurant pendant la campagne qu'il "souhaitait entrer dans un gouvernement sans la N-VA".

Le Mouvement réformateur de Didier Reynders, 55 ans, reste malgré tout le parti francophone le plus susceptible de s'allier à Bart De Wever, à condition que celui-ci modère son programme autonomiste.

- KRIS PEETERS, chef du gouvernement flamand

Seul homme politique flamand à rivaliser avec Bart De Wever en terme de popularité, ce démocrate-chrétien de 52 ans n'a officiellement pas d'autres ambitions que de conserver son poste de chef du gouvernement régional de la Flandre, qu'il occupe depuis 2007. Ayant fait toute sa carrière dans cette région, il est resté longtemps partisan d'une alliance avec la N-VA. Kris Peeters a toutefois durci le ton en fin de campagne en voyant les nationalistes briguer la tête de la région la plus riche de Belgique.

L'objectif de son parti, le CD&V, dont il est l'incontestable homme fort, est d'atteindre le score de 20% des électeurs flamands.

Il détient peut-être les clés de l'après-scrutin. Si Kris Peeters choisit de former un "front flamand" avec la N-VA, les négociations pourraient être extrêmement difficiles avec les francophones. Si, au contraire, il s'allie aux socialistes et aux libéraux dans sa région, la reconduction de la coalition au niveau fédéral est envisageable dans un délai raisonnable.

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