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"Divorce du siècle": 4 milliards de francs suisses pour l'ex femme du milliardaire russe Dmitry Rybolovlev

19/05/2014 12:03 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT

Elena Rybolovlev, l'ex-femme de l'oligarque russe Dmitri Rybolovlev et actuel patron de l'AS Monaco, a obtenu 4 milliards de francs suisses (3,295 milliards d'euros), soit la moitié de la fortune du milliardaire, dans le cadre du "divorce du siècle" jugé le 13 mai à Genève.

Le Tribunal de première instance de Genève a accordé mardi dernier à Mme Rybolovlev la somme de 4.020.555.987,20 francs suisses (soit 3,29 milliards d'euros - 4,48 milliards de dollars), selon Le Temps. Ce montant constitue un record dans l'histoire des tribunaux helvètes, d'après le quotidien suisse.

Elle a également obtenu l'autorité parentale sur leur fille cadette, Anna, âgée de 13 ans. Joint par l'AFP un porte-parole du Tribunal a indiqué que ce genre de décision n'est communiqué qu'aux parties.

Le couple - uni à Chypre et marié durant 23 ans- se déchirait depuis 2008 sur les conditions de leur divorce. Mme Rybolovlev réclamait plusieurs milliards de dollars à son ex-mari, dont la fortune est estimée à 9 milliards de dollars.

- Du divorce "civilisé" aux accusations de vol -

M. Rybolovlev a fait fortune dans la potasse, en vendant Uralkali, l'un des plus grands fabricants de potassium au monde. Il a acquis le club de Monaco en décembre 2011 et vit dans la Principauté.

Dans sa fringale immobilière, il a acheté l'île grecque de Skorpios, ancienne propriété de la famille Onassis, la villa à Miami de Donald Trump, le milliardaire américain, et celle de l'acteur Will Smith à Hawaii, ainsi qu'un domaine à Saint-Tropez, dans le sud de la France.

Elena était suivie de façon quasi permanente par des détectives privés depuis sa demande de divorce, avait-elle confiée en janvier dans un rare entretien accordé au magazine suisse Bilan.

Elle disait espérer que "son divorce se terminera de manière civilisée".

Pourtant en février elle a été brièvement interpellée par la police à Chypre. Au nom d'un fonds basé à Chypre et destiné à gérer des fonds pour les deux filles du couple, Anna et Katia (25 ans), un avocat chypriote avait déposé une plainte contre Elena l'accusant du vol d'une bague en diamant, d'une valeur de 25 à 50 millions d'euros, appartenant à ce fonds familial.

Elena, qui arrivait de Suisse à bord d'un jet privé, avait été arrêtée puis interrogée par la police chypriote, avant d'être relâchée sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle. Elle avait assuré que ce diamant lui avait été offert par son mari, deux ans avant la constitution du fonds.

Interrogée par Bilan pour savoir si on pouvait vivre simplement quand on est milliardaire, Elena avait rétorqué: "je pourrai vous le dire une fois que je le deviendrai".

- Parcours d'un milliardaire sulfureux -

Le couple s'est connu et s'est aimé à la faculté de médecine de Perm dans l'Oural, du temps de l'URSS. Ils se sont mariés en 1987.

Avec le démantèlement de l'Union Soviétique, Dmitri prend le contrôle des mines de potasse dans l'Oural et les intégrent à Uralkali, un groupe estimé à 34 milliards de dollars en 2008 à la bourse de Londres.

En pleine campagne contre les oligarques, le couple s'installe par prudence à Genève en 1995. Dmitri passera 11 mois en prison en 1996 et 1997 à Perm, accusé d'avoir commandité le meurtre d'un industriel, avant d'être acquitté en l'absence de preuves.

C'est le début des problèmes pour le couple. Elena se plaît en Suisse, "mon âme reste russe mais j'apprécie le côté réglementé, fiable et civique de la Suisse", dit-elle à Bilan. "Alors que j'adoptais le mode de vie helvétique, mon mari refusait de s'occidentaliser", ajoute celle qui joue les mécènes et confie adorer ramer sur le Lac Léman au lever du soleil.

En 2011 Dmitri s'installe à Monaco, où il mène grand train. Il rachète 66,67% des parts du club en faillite, dernier de la L2, et en fait une vedette du championnat de France à coups de millions.

Prudemment, Elena avait obtenu en mars 2010 la saisie provisoire des principaux biens de Dmitri en Suisse, ce qu'il conteste devant le Tribunal fédéral (cour suprême) qui ne s'est pas encore prononcée. La saga de ce divorce hors norme paraît ainsi loin d'être close.

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