POLITIQUE

Début de la session parlementaire à Québec mardi : Manon Massé a des papillons dans le ventre

19/05/2014 02:09 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - À l'approche du début de la session à l'Assemblée nationale, mardi, Manon Massé avoue bien candidement qu'elle ressent un certain trac.

La toute nouvelle députée de Québec solidaire attribue sa nervosité au fait qu'il y a «des façons de faire qu['elle] ne maîtrise pas à 100 pour cent» dans cette arène.

Même si elle n'est pas encore parfaitement confortable avec le mode de fonctionnement de la Chambre, cette élue de fraîche date peut difficilement être qualifiée de néophyte sur la scène politique. Avant d'enregistrer un gain à l'arraché dans la circonscription montréalaise de Sainte-Marie-Saint-Jacques le 7 avril dernier, elle avait dû participer à pas moins de cinq campagnes.

Maintenant qu'elle détient un siège dans ce qu'elle appelle la «maison du peuple», elle reconnaît mi-figue, mi-raisin qu'«elle aurait continué à lutter tant et aussi longtemps qu'elle n'aurait pas obtenu la victoire», parce qu'elle «persiste à vouloir changer le monde depuis 35 ans».

Mme Massé enchaîne en affirmant qu'elle a fait preuve de persévérance — et certains diraient même d'entêtement — car elle est intimement convaincue, depuis belle lurette, que «le Québec mérite de se donner le droit de rêver à autre chose que ce qu'il a actuellement: d'incessantes coupures dans les services, une perpétuation des inégalités sociales et fiscales, et des discours d'austérité».

Pour offrir un contrepoids à ce genre de propos, cette organisatrice communautaire de profession se promet déjà d'agir à titre de «porte-voix pour les sans voix». Elle englobe dans cette large catégorie de muets involontaires «les démunis, les femmes, les itinérants, les gens des communautés culturelles [ainsi que] les gais et lesbiennes».

En faisant écho aux revendications de «ces gens qui sont exclus de la sphère publique», elle espère «redonner ses lettres de noblesse à la politique», et contribuer à ce que «l'État joue son rôle» qui est, à son avis, «de prendre soin de son monde».

Face à l'ampleur de la tâche qui l'attend, Manon Massé ne cache pas qu'elle entretient «certaines appréhensions». Cependant, elle est persuadée de pouvoir venir à bout des papillons qui voltigent dans son estomac car, de son propre aveu, elle a toujours bien composé avec «les risques et les défis». Elle admet d'ailleurs qu'il faut avoirun bon appétit pour le danger lorsqu'on change de carrière alors que l'on a déjà franchi le cap du demi-siècle.

Mme Massé célébrera ses 51 ans jeudi.

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