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Cyber-espionnage: Washington lance des poursuites contre des militaires chinois

19/05/2014 09:39 EDT | Actualisé 19/05/2014 09:39 EDT
ASSOCIATED PRESS
Surveillance cameras are visible near the U.S.Capitol in Washington Saturday, Oct. 26, 2013, during a rally to protest against the National Security Agency's spying on Americans, and to demand action from Congress on the NSA's mass surveillance programs. ( AP Photo/Jose Luis Magana)

Les États-Unis ont pour la première fois lancé des poursuites pour espionnage informatique à l'encontre de membres de l'armée chinoise qu'ils accusent d'avoir dérobé des secrets industriels d'entreprises américaines, rapportent lundi plusieurs médias américains.

Le département américain de la Justice a annoncé une conférence de presse dans la matinée au cours de laquelle il devrait présenter "une inculpation dans une affaire de sécurité nationale".

Ces poursuites devraient viser "plusieurs membres de l'armée chinoise", affirment le New York Times et le Washington Post, tandis que la chaîne NBC News rapporte sur son site internet que les personnes visées par l'enquête ont "utilisé des installations militaires et appartenant au renseignement pour perpétrer du piratage informatique à l'encontre de sociétés américaines".

L'annonce de ces poursuites intervient quelques jours après la visite du chef d'état-major de l'armée chinoise, le général Fang Fenghui, à Washington.

La mise en oeuvre de poursuites judiciaires visant pour la première fois directement un Etat reflète l'inquiétude des autorités américaines face à l'ampleur du pillage informatique téléguidé par Pékin, qui coûterait entre 24 milliards et 120 milliards de dollars par an à l'économie américaine, selon le Washington Post.

Le chef du Pentagone Chuck Hagel n'avait pas hésité à affirmer en juin 2013 que l'espionnage informatique visant les Etats-Unis était "en partie lié à l'armée et au gouvernement chinois". Des discussions sur la cybersécurité s'étaient ouvertes l'été dernier entre la Chine et les Etats-Unis, chacun dénonçant les attaques venues de l'autre pays tout en convenant de "travailler ensemble".

La question de l'ampleur des attaques informatiques chinoises avait été mise en lumière par un retentissant rapport d'une société américaine de sécurité sur internet qui avait affirmé en février 2013 que l'armée chinoise contrôlait des centaines, voire des milliers de pirates informatiques parmi les plus virulents au monde.

Ces hackers sont "basés principalement en Chine et le gouvernement chinois est tout à fait au courant de leurs activités", affirmait dans ce rapport la société Mandiant, qui est l'un des conseils du gouvernement américain en matière de sécurité informatique.

Ce rapport avait notamment mis en lumière le rôle d'un groupe, baptisé "APT1", un acronyme de "Advanced Persistent Threat" ("Menace importante permanente"), qui serait une filiale de l'Armée de libération du Peuple appelée Unit 61398.

Les signatures de ses cyberattaques ont pu être suivies jusqu'à un immeuble de 12 étages, dans les faubourgs de Shanghaï, selon le rapport, qui estime qu'APT1 compte "des centaines, voire des milliers d'employés".

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