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AstraZeneca rejette une proposition améliorée de Pfizer

19/05/2014 04:46 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT

Le groupe pharmaceutique AstraZeneca a annoncé lundi avoir rejeté la dernière proposition de rachat améliorée à environ 117 milliards de dollars de son concurrent américain Pfizer, qui aurait représenté la plus grosse acquisition d'une entreprise britannique.

"Nous avons rejeté la proposition finale de Pfizer parce qu'elle est inadéquate et aurait représenté des risques significatifs pour les actionnaires, tout en ayant de graves conséquences pour l'entreprise, nos employés et +les sciences du vivant+ au Royaume-Uni, en Suède et aux États-Unis", a expliqué le président du conseil d'administration d'AstraZeneca, Leif Johansson.

Le conseil d'administration n'aurait été prêt à recommander une offre que si celle-ci avait été plus de 10% supérieure au montant de l'avant-dernière proposition formulée vendredi par Pfizer, qui était de 53,50 livres par action, indique AstraZeneca, qui attendait ainsi plus de 58,85 livres par titre.

- Le fabricant du Viagra -

Pfizer, le fabricant du Viagra, a ensuite fait dimanche une offre finale à 55 livres par action, soit un nouveau montant record d'environ 117 milliards de dollars. Il a précisé qu'il s'agissait de son offre "finale" et qu'il ne lancerait pas d'offre hostile.

Le conseil d'administration est "ferme dans sa conviction" en faveur du rejet, a assuré Leif Johansson.

"L'approche de Pfizer envers AstraZeneca semble n'avoir été fondamentalement motivée que par les bénéfices financiers pour ses actionnaires au travers de l'optimisation fiscale et des économies" potentielles, a-t-il critiqué. Le géant américain avait en effet l'intention de se domicilier fiscalement au Royaume-Uni pour alléger sa feuille d'impôts.

A moins d'un rebondissement de dernière minute, la proposition de Pfizer expirera lundi prochain à 17H00, heure de Londres. Le groupe aura alors les mains liées pendant six mois en vertu de la réglementation britannique sur les fusions-acquisitions.

"Si Pfizer dit que c'est l'offre finale, je dois croire ce qu'il dit", a estimé Leif Johansson sur la BBC Radio 4.

- Les investisseurs pensent que l'affaire est terminée -

A la Bourse de Londres, les investisseurs semblaient aussi penser que l'affaire est désormais terminée pour de bon: l'action AstraZeneca chutait en effet lundi matin de 13,65% à 4.165 pence vers 08H10 GMT, dans un marché en baisse de 0,43%.

La perspective d'un rachat d'AstraZeneca avait été durement critiquée par une partie de la classe politique et des scientifiques au Royaume-Uni ainsi qu'en Suède, où une partie du groupe a ses origines, par crainte de suppressions d'emplois et d'une baisse des budgets de la recherche.

Le patron de Pfizer, Ian Read, avait donné des gages au Royaume-Uni, où il s'engageait à maintenir au moins 20% des emplois de recherche-développement de la potentielle entité combinée pendant cinq ans, avec la promesse de poursuivre l'implantation d'un centre dans la ville universitaire de Cambridge.

Mais il a reconnu la semaine dernière lors d'une audition devant le Parlement britannique qu'il devrait supprimer des postes "quelque part" dans le monde et réduire le budget global de recherche.

AstraZeneca, en difficulté ces dernières années avec la perte d'exclusivité de certains médicaments, parie pour sa part sur le développement de nouvelles molécules innovantes contre le diabète, les maladies respiratoires ou encore les cancers pour assurer son avenir.

Après une période de stagnation jusqu'en 2017, il table sur une accélération de sa croissance et vise plus de 45 milliards de dollars de revenus annuels d'ici 2023, à comparer avec 25,7 milliards de chiffre d'affaires l'an dernier.

"AstraZeneca a créé une culture d'innovation, avec la science au coeur de son activité, qui va continuer à créer de la valeur significative pour les patients, les actionnaires et toutes les parties-prenantes d'AstraZeneca", a promis Leif Johansson.

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