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Le radical Abou Hamza reconnu coupable à New York des 11 chefs d'accusation

19/05/2014 03:07 EDT | Actualisé 19/07/2014 05:12 EDT
AFP

Les jurés dans le procès du prêcheur radical britannique Abou Hamza l'ont déclaré lundi à New York coupable des 11 chefs d'inculpation retenus contre lui.

L'ancien imam de la mosquée londonienne de Finsbury Park, qui s'était défendu lui-même durant son procès, encourt la réclusion à perpétuité. Sa peine sera prononcée ultérieurement.

Il était accusé de complot et prise d'otages, pour avoir aidé les ravisseurs de 16 touristes occidentaux au Yémen en 1998, de soutien terroriste en liaison avec un projet de camp d'entraînement au jihad en 1999 dans l'Oregon (nord-ouest des Etats-Unis). Il était également accusé d'avoir envoyé des candidats au jihad s'entraîner en Afghanistan.

Les jurés ont délibéré moins de deux jours pour parvenir à ce verdict, après quatre semaines de procès.

Agé de 56 ans, borgne et amputé des deux avant-bras après une explosion accidentelle au Pakistan, Abou Hamza, de son vrai nom Mustafa Kamel Mustafa, d'origine égyptienne, avait rejeté toutes les accusations le visant tout en reconnaissant avoir eu parfois des termes très durs dans ses prêches et discours enflammés, dont de nombreux extraits avaient été montrés aux jurés.

Il avait reconnu avoir fourni un téléphone satellitaire au groupe islamiste ayant enlevé les touristes occidentaux au Yémen, mais affirmé qu'il n'avait été mis au courant de leur enlèvement qu'après coup.

Il avait aussi affirmé qu'il avait jeté à la poubelle le fax dans lequel un jeune ayant fréquenté sa mosquée lui parlait d'un projet de camp d'entraînement au jihad dans l'Oregon en 1999. Et ajouté qu'il n'avait pas davantage su qu'un autre était parti en Afghanistan pour y combattre.

Tous ces faits étaient antérieurs aux attentats du 11-Septembre.

Le procureur Ian McGinley avait estimé la semaine dernière dans son réquisitoire final qu'il existait des "preuves accablantes" de sa culpabilité.

L'avocat de la défense Jeremy Schneider avait à l'inverse dénoncé des preuves à charge "insignifiantes", estimant que son client était jugé sur "ses déclarations et non sur des faits".

Abou Hamza, père de neuf enfants et ingénieur de formation, était devenu imam de la mosquée de Finsbury Park en 1997, et était une figure haute en couleur, aux prêches au vitriol, notamment contre le grand Satan américain.

Le Britannique Richard Reid ou le Français Zacarias Moussaoui étaient notamment allés l'écouter, mais il a affirmé ne pas les connaître.

La mosquée avait été fermée en 2003.

Abou Hamza avait été arrêté en 2004 à la demande des autorités américaines. Après sept ans de prison en Angleterre pour incitation au meurtre et à la haine raciale, il avait été extradé aux Etats-Unis en octobre 2012.

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