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Tragédie minière en Turquie: trois personnes accusées de négligence

18/05/2014 09:47 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT

ISTANBUL - Trois personnes ont été accusées de négligence en lien avec le désastre minier qui a fait 301 morts en Turquie, a annoncé un procureur dimanche. Les suspects font partie des 19 personnes toujours détenues dans ce dossier.

Le procureur Bekir Sahiner a indiqué que les trois suspects étaient aussi accusés d'avoir causé la mort de plus d'une personne, une accusation qui réfère à un geste non volontaire.

Lors d'une conférence de presse à Soma, où la tragédie s'est produite, M. Sahiner a précisé que l'une des personnes arrêtées était le directeur des opérations de la société minière. Il s'agit d'Akin Celik, bien que le procureur ne l'ait pas identifié publiquement.

Vingt-cinq personnes ont été initialement arrêtées, mais six d'entre elles ont été libérées, a affirmé le procureur.

Les accusations portées contre les suspects sont passibles de peines allant de trois à 15 ans de prison, selon le Code pénal turc.

D'autres responsables de la société minière font partie des personnes détenues pendant que les autorités enquêtent sur le désastre. L'agence de presse Dogan a rapporté que Ramazan Dogru, directeur général de la mine possédée par Soma Holding, était détenu.

Des responsables du gouvernement et de l'entreprise minière ont insisté pour dire que la mine était inspectée régulièrement et que la négligence ne pouvait être mise en cause dans la tragédie de mardi. Mais face à la colère publique suscitée par le désastre, le gouvernement a promis d'enquêter et de punir les responsables reconnus coupables de négligence.

Samedi, le journal «Milliyet» a affirmé que le rapport préliminaire d'un expert ayant examiné les installations laisse entendre que du charbon brûlant aurait provoqué l'effondrement du plafond de la mine.

D'après le rapport, les poutres de soutien des tunnels étaient en bois et non en métal, et la mine possédait peu de détecteurs de monoxyde de carbone.

L'entreprise soutient que la mine respectait des normes élevées en matière de sécurité, soulignant que 50 détecteurs de monoxyde et de dioxyde de carbone avaient été installés dans les tunnels et que tous les employés disposaient d'un masque à gaz.

Lors d'une conférence de presse vendredi, M. Celik avait toutefois mentionné que l'épaisse fumée générée par l'incendie avait tué plusieurs mineurs qui n'avaient pas de masque à gaz. Les secouristes ont également été incommodés par les taux élevés de monoxyde et de dioxyde de carbone dans les tunnels.

Les deux derniers corps ont été retirés samedi et l'entrée de la mine a été condamnée avec des briques.

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