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Mali: des Touaregs lancent une attaque et prennent des otages dans le nord

18/05/2014 07:01 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT

BAMAKO, Mali - Des rebelles séparatistes Touaregs ont lancé un assaut durant le week-end sur la ville de Kidal, dans le nord du Mali, tuant huit soldats, saccageant des édifices gouvernementaux et prenant une trentaine de personnes en otages dans une «déclaration de guerre» contre le gouvernement, ont annoncé les autorités dimanche.

L'attaque aurait apparemment été provoquée par une visite à Kidal, samedi, du premier ministre désigné Moussa Mara, soulignant l'hostilité régionale envers le gouvernement central à Bamako et semant le doute sur la viabilité des efforts de réconciliation.

La mission des Nations unies dans le pays a déclaré dimanche par voie de communiqué que six responsables du gouvernement local et deux civils avaient aussi été tués, bien que les circonstances de leurs décès soient encore nébuleuses.

«Ce crime barbare est totalement inacceptable et les responsables doivent répondre de leurs actes, a déclaré le chef de mission Albert Koenders. Une enquête doit être menée rapidement pour vérifier les faits et traîner les coupables devant les tribunaux.»

Les violences ont débuté samedi matin lorsque des rebelles ont lancé une importante attaque contre le bureau du gouverneur, où des responsables s'étaient réunis pour rencontrer M. Mara, selon un communiqué officiel.

M. Mara est demeuré dans des baraquements de l'armée et a ensuite quitté Kidal, dimanche, en direction de Gao, une autre ville du nord.

Les combats se sont poursuivis pendant la majeure partie de la journée, faisant huit morts et 25 blessés chez les soldats, selon un autre communiqué du ministère de la Défense. Toujours selon ce communiqué, 28 assaillants ont été tués et 62 autres, blessés.

Selon le ministre, l'armée aurait repris le contrôle de tous les bâtiments administratifs à Kidal, à l'exception du bureau du gouverneur. Impossible de savoir où étaient détenus les otages.

«Le gouvernement considère cette attaque honteuse comme une déclaration de guerre, ce qui ne lui laisse pas d'autre choix que de répondre», précise le communiqué de l'État.

Les forces de l'ONU ont également condamné l'attaque, affirmant qu'elle nuirait aux prochains efforts visant à parvenir à un accord de paix dans le Nord. Vingt-et-un policiers onusiens auraient été blessés dans les affrontements.

La majorité du nord du Mali est passé sous la coupe des séparatistes Touaregs en 2012, avant que des insurgés liés à al-Qaïda ne court-circuitent la rébellion. Une intervention militaire dirigée par la France lancée en 2013 a repoussé les extrémistes, mais les séparatistes Touaregs demeurent nombreux à Kidal, malgré les efforts du gouvernement central pour contrôler la ville.

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