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L'ex-général Haftar promet une reprise des combats contre les islamistes à Bengahzi

18/05/2014 07:46 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT

Le chef d'une force paramilitaire libyenne dit réorganiser ses troupes pour reprendre son offensive contre les groupes islamistes à Benghazi, dans l'est de la Libye, faisant fi des menaces des autorités l'accusant de tentative de coup d'Etat.

Khalifa Haftar, un général à la retraite ayant pris part à la révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, a lancé vendredi matin une opération contre des groupes qu'il a qualifiés de "terroristes" dans cette ville considérée comme le fief de nombreuses milices islamistes lourdement armées.

Ces affrontements ont fait au moins 79 morts et 141 blessés, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé fourni samedi soir.

Plusieurs officiers et militaires de la région orientale, y compris de l'armée de l'air, ont rejoint la force de Haftar qui s'auto-déclare "Armée nationale libyenne".

M. Haftar a retiré ses troupe de Benghazi vendredi, et a expliqué samedi qu'il ne s'agissait pas d'un "abandon".

"Chaque bataille est suivie d'une réorganisation de nos unités. Et nous allons revenir avec force", a-t-il affirmé depuis la ville d'Al-Abyar, à 70 km au sud-ouest de Bengahzi.

"Nous n'abandonnerons pas jusqu'à l'atteinte de nos objectifs", a-t-il répété.

A un millier de kilomètres à l'ouest, Tripoli considère cette offensive comme "un agissement en dehors de la légitimité de l'Etat et un coup d'Etat", selon un communiqué lu samedi par le président du Congrès général national (CGN, Parlement), Nouri Abou Sahmein.

"Tous ceux qui ont participé à cette tentative de coup d'Etat vont être poursuivis par la justice", a-t-il averti.

M. Haftar a ensuite rejeté ces accusations: "Notre opération n'est pas un coup d'Etat et notre objectif n'est pas de prendre le pouvoir", a-t-il insisté, affirmant avoir "répondu à l'appel du peuple" pour le défendre contre les terroristes.

Il a en outre répété qu'il ne reconnaissait pas les autorités de transition, dont le "mandat a déjà expiré et qui sont rejetées par le peuple".

Elu en juillet 2012, le CGN a provoqué la colère d'une grande partie de la population en décidant de prolonger jusqu'à décembre son mandat qui devait s'achever en février.

Sous la pression de la rue, il a annoncé qu'il allait céder la place à un nouveau Parlement, dont la date d'élection n'a pas été fixée encore.

- Une radio attaquée -

Samedi, la situation est restée calme à Benghazi jusqu'en fin d'après-midi, quand un avion militaire a mené un raid contre un groupe d'ex-rebelles islamistes au nord-ouest de la ville, sans faire de victime, selon un de ces ex-rebelles.

L'armée régulière venait pourtant de décréter une zone d'exclusion aérienne sur Benghazi et sa région, en menaçant d'abattre tout avion militaire survolant la zone.

Mais il n'était pas certain que l'armée dispose des moyens nécessaires pour faire respecter cette décision.

Dans la nuit de samedi à dimanche, une bombe a provoqué des dégâts matériels dans les locaux d'une radio religieuse appartenant au groupe jihadiste d'Ansar Asharia, classé "terroriste" par Washington et pointé du doigt dans les dizaines d'attaques qui visent régulièrement les forces de sécurité libyennes et les intérêts occidentaux dans l'Est libyen.

L'attaque, qui n'a pas été revendiquée dans l'immédiat, n'a pas fait de victime, selon des témoins.

Vendredi, des unités de l'aviation libyenne ayant rejoint M. Haftar ont bombardé des positions de groupes d'ex-rebelles islamistes à Benghazi, y compris une caserne d'Ansar Asharia.

Originaire de l'Est, Khalifa Haftar a fait défection de l'armée de Kadhafi à la fin des années 1980 et a passé près de 20 ans aux Etats-Unis avant de rentrer pour participer à la rébellion de 2011.

Dans une vidéo publiée en février sur internet en février, M. Haftar avait annoncé une "initiative" prévoyant la suspension des autorités de transition. Cette déclaration avait déjà été considérée par certains responsables libyens comme une tentative de coup d'Etat.

Les autorités de transition ne parviennent pas à contrôler les nombreuses milices armées qui font la loi dans le pays. Réunissant d'anciens rebelles anti-Kadhafi et dominés par les islamistes, elles comblent le vide en matière de sécurité laissé par un Etat qui peine à construire ses institutions.

bra-ila/fcc

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