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Grogne des partis allemands contre un meeting électoral d'Erdogan à Cologne

18/05/2014 10:08 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT

Des caciques de tous les partis politiques en Allemagne ont fustigé dimanche la venue samedi prochain à des fins électorales à Cologne (ouest) du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

M. Erdodan, très probable candidat à l'élection présidentielle d'août prochain et de nouveau très contesté en Turquie après la catastrophe minière mardi à Soma qui a fait plus de 300 morts, avait prévu de longue date de faire campagne dans plusieurs pays d'Europe auprès des électeurs turcs expatriés, et notamment dans la ville de Cologne.

Qualifiant de "fâcheux" le meeting d'Erdogan, la veille des élections européennes, la secrétaire d'Etat allemande chargée des Migrations, des Réfugiés et de l'Intégration, Aydan Özoguz, Allemande d'origine turque, a estimé que les images des répressions contre les manifestants étaient "bouleversantes et intolérables".

"De telles images éloignent la Turquie de la démocratie", a estimé Mme Özoguz, social-démocrate et première personnalité politique d'origine turque à faire partie d'un gouvernement fédéral allemand, dans un entretien au journal dominical Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.

Les conservateurs de la chancelière Angela Merkel n'étaient pas en reste, comme en témoignait l'interview, donnée au quotidien Bild à paraître lundi, du président de la commission parlementaire des affaires intérieures au Bundestag, le chrétien-démocrate Wolfgang Bosbach.

"Il est déjà difficilement supportable que M. Erdogan déplace la campagne électorale turque en Allemagne, en tenant ce meeting à Cologne. Mais dans la situation actuelle, il devrait consacrer tout son temps à savoir comment une telle catastrophe minière pouvait arriver en Turquie", a-t-il dit.

Même indignation dans les rangs de l'opposition. Erdogan "a perdu tout sens des réalités", a estimé l'ex-chef du groupe parlementaire Vert, Jürgen Trittin, dans la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.

Et quant à la gauche radicale, die Linke, elle appelait à "protester" contre le meeting d'Erdogan, par la voix de Sevim Dagdelen, chargée des relations internationales du groupe parlementaire de ce parti.

Disputé pour la première fois au suffrage universel direct, le scrutin présidentiel turc sera également ouvert, autre première, aux quelque 2,6 millions de Turcs en âge de voter qui vivent à l'étranger, dont 1,5 million dans la seule Allemagne.

Outre l'Allemagne, où vit la plus grande communauté turque d'Europe, M. Erdogan avait dit souhaiter ensuite se rendre en France et aux Pays-Bas, deux pays qui abritent aussi nombre de ses ressortissants.

clp/abk

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