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Des coups de feu retentissent près du parlement de la Libye à Tripoli

18/05/2014 10:39 EDT | Actualisé 18/07/2014 05:12 EDT
AP

TRIPOLI, Libye - Le gouvernement intérimaire de la Libye a condamné une attaque contre le Parlement par des milices et l'affirmation, par un groupe mené par un général rebelle, que l'assemblée législative avait été suspendue.

Cette déclaration est survenue tôt lundi matin de la part du ministre de la Justice Salah al-Marghani, après l'assaut de dimanche par des forces apparemment loyales au général Khalifa Hifter. M. Al-Marghani a annoncé que la Libye «condamnait l'expression d'une opinion politique avec des forces armées».

Il a soutenu par ailleurs que la récente opération militaire du général contre Benghazi n'a rien à voir avec l'attaque contre le Parlement, sans toutefois donner plus de détails.

Dimanche, un groupe dirigé par un général rebelle avait annoncé la suspension du Parlement libyen après avoir lancé une attaque contre le bâtiment, obligeant les députés à fuir.

S'exprimant sur les ondes d'une chaîne de télévision libyenne, le général Mokhtar Farnana a annoncé qu'un groupe mené par le général Hifter avait désigné une assemblée constituante de 60 membres pour remplacer le Parlement.

M. Farnana a précisé que l'actuel gouvernement libyen agirait seulement en cas d'urgence, sans donner plus de détails. Il a toutefois assuré qu'il ne s'agissait pas d'un coup d'État, mais de «combats pour les choix du peuple».

«Nous annonçons au monde que le pays ne peut être un terreau fertile ou un incubateur pour le terrorisme», a poursuivi le général Farnana, qui portait son uniforme et se tenait devant le drapeau national.

Le général est le commandant des forces militaires à Tripoli. Le gouvernement intérimaire libyen n'a pas immédiatement commenté la déclaration. Il n'a pas non plus été possible de connaître l'origine de la transmission de M. Farnana.

L'attaque de dimanche contre le Parlement, lors de laquelle des hommes armés ont enlevé quelque 20 législateurs et responsables, menace de diviser encore davantage un pays dominé par les groupes armés qui ont renversé le dictateur Mouammar Kadhafi il y a trois ans.

L'assaut, qui a fait un mort et neuf blessés, est survenu après une attaque lancée vendredi par les forces du général Hifter contre des milices islamistes dans la ville de Benghazi, dans l'est du pays, lors de laquelle 70 personnes auraient trouvé la mort.

Mohammed al-Hegazi, le porte-parole de M. Hifter, a déclaré sur les ondes de la chaîne télévisée Al-Ahrar que l'assaut visait les parlementaires protégeant les milices islamistes qui, selon lui, tiennent le pays en otage. «Ce Parlement soutient les extrémistes islamistes», a-t-il indiqué en entrevue avec la chaîne Al-Ahrar. «L'objectif est d'arrêter ces islamistes qui se cachent derrière la politique.»

Un représentant des services de sécurité a révélé, sous le couvert de l'anonymat, que les assaillants avaient aussi bombardé une base militaire voisine du parlement contrôlée par des miliciens islamistes. Les combats se seraient également étendus dans le sud de la capitale, ainsi que le long de l'autoroute menant à l'aéroport.

L'armée et la police libyennes s'appuient fortement sur les nombreuses milices présentes dans le pays, des groupes lourdement armés formés autour de l'identité ethnique, des villes natales et de la religion qui découlent des factions rebelles ayant renversé Kadhafi. Les ramener sous la coupe de l'État est l'un des plus grands défis du gouvernement intérimaire libyen, alors que les milices se sont emparées de champs pétrolifères et ont même enlevé un ancien premier ministre sans être inquiétées.

Le Parlement libyen est divisé entre islamistes et non-islamistes qui se sont disputés au sujet de la nomination d'un nouveau gouvernement et de la tenue de nouvelles élections.

Récemment, les islamistes ont appuyé la candidature d'un nouveau premier ministre alors que leurs adversaires se sont retirés en signe de protestation. Le premier ministre n'a pas encore choisi son cabinet.