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La Guinée-Bissau vote pour retrouver la stabilité politique

17/05/2014 10:00 EDT | Actualisé 17/07/2014 05:12 EDT

Les Bissau-Guinéens se rendaient aux urnes dimanche pour le second tour de l'élection présidentielle dans l'espoir de ramener la stabilité dans ce petit pays d'Afrique de l'Ouest, deux ans après l'énième coup d'Etat de son histoire.

A Bissau et à l'intérieur de cette ex-colonie portugaise indépendante depuis 1974, de nombreux électeurs étaient déjà présents devant des écoles transformées en bureaux de vote, dont plus de 3.000 doivent être ouverts de 07H00 à 18H00 locales (et GMT). Les opérations ont commencé généralement à l'heure, selon un journaliste de l'AFP, des médias locaux et des témoins en province.

"J'ai visité quelques bureaux (...), tout se passe bien. J'ai les informations qui viennent de l'intérieur du pays me rassurant que tout se passe également bien", a affirmé devant la presse le représentant de l'ONU à Bissau, José Ramos Horta.

Près de 800.000 électeurs sont appelés à choisir entre José Mario Vaz, dit "Jomav", 57 ans, du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC, première formation du pays), et Nuno Gomes Nabiam, 51 ans, sans étiquette mais notoirement soutenu par le Parti de la rénovation sociale (PRS, deuxième formation du pays) et des chefs de l'armée.

Après avoir voté, M. Vaz, ex-ministre des Finances réputé bon gestionnaire, a dénoncé des "intimidations", incluant des agressions physiques, à l'encontre de ses partisans par des "gens armés". Interrogée par l'AFP, une source au PAIGC a parlé de 15 personnes agressées à Bissau et Bafata (est), sans plus de précisions.

M. Nabiam, directeur national de l'aviation civile depuis 2012, a de son côté appelé à un vote massif et dans le calme à sa sortie du bureau de vote.

Il s'est dit confiant en sa victoire et a nié être le candidat de l'armée en dépit de sa proximité bien connue avec le haut commandement militaire. "L'armée n'a pas de candidat. Et on me colle cette étiquette à tort", a-t-il lancé.

Le scrutin doit permettre de ramener la stabilité en Guinée-Bissau deux ans après un coup d'Etat militaire qui, le 12 avril 2012, a renversé le régime du PAIGC entre les deux tours d'une présidentielle interrompue de facto.

Nhima Seydi, une commerçante de Gabu (extrême est), est allée voter tôt dans l'espoir de voir l'élection "mettre fin à deux ans de souffrances, aussi bien pour les fonctionnaires que pour nous, les commerçants". En Guinée-Bissau, plus des deux tiers des habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté et les fonctionnaires peuvent rester plusieurs mois sans être payés.

José Mario Vaz et Nuno Nabiam sont arrivés en tête au premier tour le 13 avril (M. Vaz avec 40,89% des voix devant M. Nabiam qui en a récolté 24,79%). Ce premier tour, organisé en même temps que des législatives, s'est déroulé sans incidents et a été marqué par un taux de participation record de 89,29%.

- Peur d'un nouveau dérapage -

Depuis l'annonce du calendrier électoral, des appels à un vote calme et au respect du verdict des urnes ont été régulièrement lancés, dans le pays comme à l'étranger, tant reste forte la peur d'un nouveau dérapage.

La Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise de 1,6 million d'habitants, ne compte plus les coups d'Etat depuis son indépendance en 1974: rares sont les dirigeants ayant pu finir leur mandat sans être renversés ou assassinés.

Cette instabilité politique et la pauvreté ont facilité l'implantation de trafiquants de drogue avec la complicité présumée de hauts responsables de l'armée.

Le chef d'état-major général actuel de l'armée, le général Antonio Indjai, a été inculpé en avril 2013 aux Etats-Unis pour complicité de narco-terrorisme, ce dont il se défend. C'est lui qui a dirigé le putsch d'avril 2012.

Selon José Ramos Horta de l'ONU, l'armée a promis d'accepter les résultats du scrutin de dimanche. Fin avril, les deux candidats avaient déjà pris le même engagement public à Bissau.

Plusieurs organisations nationales et internationales, dont la Commission économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays) et l'Union africaine (UA), ont déployé des observateurs pour superviser le scrutin.

Aux candidats et à leurs partisans, "nous demandons (...) de s'abstenir de toute proclamation prématurée du résultat", a affirmé samedi l'ex-président mozambicain Joaquim Chissano, de l'UA, dans une déclaration au nom des chefs des observateurs.

La sécurité est assurée par plus de 4.000 membres des forces bissau-guinéennes et de la Cédéao, et des experts militaires de l'ONU sont également sur le terrain, a-t-on indiqué à Bissau de source officielle.

Les résultats doivent être proclamés dans les cinq jours qui suivent le scrutin.

bur-cs/tmo

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