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Kiev tient une seconde séance de pourparlers sur la crise ukrainienne

17/05/2014 09:42 EDT | Actualisé 17/07/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Les politiciens et représentants de l'est de l'Ukraine ont critiqué, samedi, le gouvernement ukrainien, l'accusant d'ignorer les revendications légitimes de leurs régions aux prises avec une insurrection prorusse menée par des milices se battant pour l'indépendance.

Ces critiques ont été exprimées dans le cadre de la deuxième séance de pourparlers visant à résoudre la pire crise à avoir frappé le pays depuis la chute de l'Union soviétique, en 1991.

Les leaders de l'est de l'Ukraine ont supplié le gouvernement intérimaire à Kiev de croire que, outre les miliciens prorusses, une grande partie de la population ne lui fait plus confiance.

Cette seconde série de négociations s'est amorcée quelques heures après qu'un échange nourri de coups de feu eut retenti au cours de la nuit à Sloviansk, le fief des combattants prorusses, après que les forces gouvernementales eurent été déployées pour protéger une tour de télévision.

Les séparatistes des provinces de Donetsk et de Louhansk ont organisé à la hâte des référendums le week-end dernier et déclaré leur indépendance à la suite du vote, durant lequel une majorité écrasante d'électeurs s'est prononcée en faveur de la souveraineté.

Comme pour la première rencontre mercredi, aucun insurgé prorusse n'a été invité à participer aux discussions de samedi, qui se sont déroulées à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine. Kiev estime que les miliciens sont des terroristes et ces derniers ont déjà déclaré qu'ils ne voulaient aborder que deux sujets, soit le retrait des troupes ukrainiennes de leurs régions et la reconnaissance de leur indépendance.

«Le référendum n'a pas de valeur légale, a affirmé Valeri Holenko, le chef du gouvernement régional de Louhansk. Mais il reflète la volonté de la population, dont il faut tenir compte. Les gens ont été nombreux à se rendre aux urnes. Il s'agissait d'un vote de protestation.»

M. Holenko a ajouté que la délégation des pouvoirs proposée par Kiev n'était plus suffisante et que la première chose à faire pour calmer le jeu dans l'est de l'Ukraine était de mettre un terme à «l'opération antiterroriste» du gouvernement.

Le premier ministre intérimaire, Arseni Iatseniouk, qui semblait plus intéressé par son iPad que par les discours enflammés des politiciens de l'est du pays, a exhorté les dirigeants des provinces touchées par le soulèvement prorusse à désarmer les miliciens, à reprendre le contrôle et à entamer un dialogue politique.

«Vous avez chez vous, à Donetsk et à Louhansk, des terroristes armés qui sont financés par les Russes ainsi que par ceux qui ont fui l'Ukraine et veulent s'emparer de notre territoire, a-t-il déclaré. Nous ne discuterons pas avec des voleurs et des terroristes. Ils ne diront pas au peuple ukrainien comment vivre dans son propre pays.»

Voulant terminer sur un ton plus conciliant, il a toutefois cité le poète russe Taras Chevtchenko, disant aux politiciens de l'est de l'Ukraine: «Nous sommes prêts à vous donner l'accolade et nous espérons que vous l'êtes aussi.»

Les prochains pourparlers devraient avoir lieu mercredi à Tcherkassy, dans le centre du pays.

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