POLITIQUE

La citation de la semaine - Julie Boulet: rigoureuse, mais pas tant que ça...

17/05/2014 08:27 EDT | Actualisé 17/05/2014 08:27 EDT
CEIC

«Le 100 000 $, je l'ai appris quand M. MacMillan l'a annoncé publiquement.» — Julie Boulet

QUÉBEC - La commission Charbonneau a pris des airs de commission Gomery cette semaine avec le passage de l'ex-ministre libérale Julie Boulet. La députée de Laviolette a été victime de nombreux trous de mémoire, en plus de nier en bloc toute responsabilité dans la collecte de fonds pour sa circonscription.

L'ex-ministre des Transports a été catégorique devant la commission Charbonneau mercredi: jamais elle n'a participé au financement du Parti libéral du Québec. «Je n'ai jamais, jamais fait de financement, je n'ai jamais vendu un seul billet pour un cocktail, peu importe l'activité de financement. Je n'ai jamais vendu une seule carte de membre. Jamais je n'ai téléphoné à quiconque pour avoir des sous», a-t-elle déclaré.

Cette affirmation était étonnante après le passage de son ex-directeur de cabinet, Luc Berthold, qui l'a décrite comme une ministre très impliquée dans tous les aspects de son travail. La députée s'est d'ailleurs décrite devant la commission comme «travaillante, honnête et rigoureuse».

Julie Boulet est même allée jusqu'à nier connaître l'objectif de financement annuel de 100 000$ pour chaque ministre du gouvernement Charest. C'est un autre ministre, Norman MacMillan, qui l'avait révélé aux journalistes en 2009. «Le 100 000 $, je l'ai appris quand M. MacMillan l'a annoncé publiquement», a prétendu Julie Boulet devant une France Charbonneau incrédule.

Objectif atteint... à son insu

Une affirmation d'autant plus étonnante que Julie Boulet a récolté, à son insu, les fameux 100 000$ les trois années où elle était ministre des Transports. Les dons ont chuté à 63 000$, puis 35 000$, après son départ du ministère des Transports. «Vous dites que vous faites preuve de beaucoup de rigueur, que vous êtes attentionnée, que vous surveillez vos affaires, mais vous ne savez pas combien vous ramassez et vous ne savez pas combien coûtait votre élection?» lui a demandé la juge.

La déclaration a fait sourciller plusieurs de ses collègues qui étaient ministres à la même époque. Le ministre du Travail Sam Hamad a été le premier à contredire sa collègue mercredi en affirmant qu'il y avait bel et bien un objectif annuel de 100 000$ par ministre. Les ministres auraient même été rencontrés à ce sujet par la responsable du financement du PLQ, Violette Trépanier, et le grand argentier du parti, Marc Bibeau.

Laurent Lessard, Christine Saint-Pierre et Yves Bolduc, ont également confirmé qu'ils connaissaient la directive à l'époque. Ce qui a fait dire à certains commentateurs que la députée s'est peut-être parjurée devant la commission.

Isolée au caucus

Julie Boulet semble désormais isolée au sein de son caucus. Vendredi, Philippe Couillard a lui-même affirmé qu'il connaissait l'objectif de financement des ministres sous Jean Charest. Le premier ministre a également mentionné que la députée demeurait «actuellement» au caucus libéral. Il souhaite attendre le dépôt du rapport de la commission avant de prendre quelque mesure que ce soit. D'ailleurs, Philippe Couillard n'a pas nommé Julie Boulet au sein de son conseil des ministres.

Seul Pierre Moreau, que Julie Boulet a appuyé dans la course à la chefferie, a offert un peu de répit à la députée. «J'ai assisté au conseil des ministres à compter de 2008 comme whip d'abord et après comme ministre et jamais, jamais, on m'a demandé une contribution ou d'atteindre un objectif à 100 000$.»

De son côté, la ministre de la Famille Francine Charbonneau a été beaucoup plus directe. La ministre a affirmé aux journalistes que sa collègue «avait des décisions à prendre».

Et la semaine s'est terminée sur une nouvelle tuile pour le gouvernement Couillard. Un document de l'UPAC a dévoilé que chaque vice-président de la firme Roche devait utiliser une partie de son bonus annuel spécifiquement pour faire un don à un parti politique. Le stratagème contrevient à la loi électorale, qui interdit aux entreprises de rembourser les dons aux partis politiques.

Le hic, c'est que le ministre Sam Hamad a été vice-président de la firme de génie de 1998 à 2003, année de son arrivée au gouvernement Charest. Celui-ci a versé plus de 8000$ au PLQ entre les années 2000 et 2003. Vendredi, le nouveau ministre du gouvernement Couillard s'est défendu de toutes malversations: «J'ai toujours respecté la loi, a-t-il dit. Personne ne m'a demandé de donner et je n'ai jamais assisté à aucune réunion de vice-présidents pour faire des contributions politiques. Je n'ai jamais demandé de remboursement et je n'ai jamais été remboursé pour mes dons politiques.» À suivre.

Avec La Presse Canadienne et Radio-Canada

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