NOUVELLES

Chypre: la récession plus faible que redouté selon les bailleurs de fonds

17/05/2014 11:34 EDT | Actualisé 17/07/2014 05:12 EDT

La récession à Chypre a été moins forte que redouté cette année mais la reprise sera plus lente que prévu, ont estimé samedi les bailleurs de fonds internationaux engagés dans le plan de sauvetage conclu en mars 2013.

A l'issue d'une quatrième évaluation, les experts de la "troïka" (l'Union européenne, Fonds monétaire internationale et Banque centrale européenne) ont assuré que Chypre continuait de respecter les conditions d'austérité posées en contrepartie d'un prêt de 10 milliards d'euros pour éviter une faillite.

"Alors que la récession cette année devrait être moins grave qu'escompté, les perspectives continuent de représenter un défi", ont estimé les experts dans un communiqué conjoint.

La troïka prévoit désormais une contraction de l'économie de 4,2% en 2014, contre une baisse de 4,8% envisagée en février.

En 2013, le Produit intérieur brut (PIB) s'était contracté de 5,4% en 2013, soit quelque 2% de moins que les prévisions.

Cependant, "le chômage reste très élevé et les prêts non-performants limitent la capacité des banques à créditer l'économie", ont noté les experts de la troïka.

Selon des estimations du FMI, les prêts non remboursés à Chypre atteignent 19 milliards d'euros, soit 120% du PIB et près de 46% du total des prêts. Une loi réclamée par la troïka pour faciliter les saisies immobilières doit être votée dans les mois à venir.

Le texte visera en priorité les gros emprunteurs peu coopératifs en permettant que des saisies puissent être effectuées en 18 mois. Mais pour éviter que des familles se retrouvent à la rue, le délai serait de deux ans et demi pour les résidences principales, a assuré la Banque centrale chypriote.

Avec une demande intérieure accablé par des taux d'endettement très élevés, la reprise de l'économie sera "plus contenue que prévu, avec une croissance de 0,4% en 2015, qui s'améliorera de façon progressive par la suite", ajoute le communiqué.

La troïka a appelé les autorités à poursuivre leur action pour réduire le poids des prêts non-performants, maintenir les finances publiques sur une trajectoire durable et renforcer les institutions.

Si ce quatrième et dernier audit est approuvé, il ouvrira la voie au versement de la dernière tranche du plan d'aide de 10 milliards d'euros obtenu en mars 2013 pour sauver l'économie chypriote au bord de la faillite en raison de l'exposition de ses banques à la dette grecque.

al/hkb/faa/fcc

PLUS:hp