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Cannes: un film non autorisé montre le côté sombre d'Yves Saint Laurent

17/05/2014 03:35 EDT | Actualisé 17/07/2014 05:12 EDT
Europacorp

CANNES, France - Le film sur la vie de l'un des plus grands designers de mode du dernier siècle, Yves Saint Laurent, a été présenté en compétition officielle, samedi à Cannes, bien que le conjoint du designer, Pierre Bergé, s'y soit publiquement opposé.

Ce long métrage de deux heures et demie se penche sur une vie de perdition, entre les relations sans lendemain et la drogue, et sur la relation érotique du designer mort en 2008 avec Jacques de Bascher, qui a succombé au sida en 1983.

Le film éclabousse aussi, bien sûr, Pierre Bergé, son conjoint et partenaire d'affaires, maintenant âgé de 83 ans, incarné par Louis Garrel. «Saint Laurent», du réalisateur français Bertrand Bonello, met également en vedette un Gaspard Ulliel amaigri dans le rôle principal.

Il s'agit du second film sur la légende de la mode à prendre l'affiche en moins de six mois. Contrairement à «Yves Saint Laurent» de Jalil Lespert, qui était autorisé, le projet de M. Bonello a été publiquement rabroué par M. Bergé.

Le film sombre présente des scènes de nudité, d'hommes qui s'embrassent et prennent de la drogue, et fait de multiples références à des pratiques homosexuelles extrêmes. Ces images contrastent grandement avec celles de la précision qui régnait à l'atelier de M. Saint Laurent.

Les références à l'impact d'Yves Saint Laurent, qui a contribué à émanciper la mode féminine durant la révolution sexuelle des années 1960, sont presque secondaires. On voit plutôt l'artiste fragile, près de la mort, ravagé par l'abus de médicaments. Dans une scène marquante, son bouledogue français adoré, Moujik, meurt après avoir mangé des pilules qui s'étaient retrouvées sur le plancher lorsque son maître a perdu la carte.

Le film n'a pas été fait contre M. Bergé, affirme le producteur Eric Altmayer, mais pour montrer le côté sombre de la vie du créateur du smoking féminin, qui demeure l'un des personnages les plus mystérieux du monde de la mode.

«Il n'a jamais été question (que le film) soit contre lui. Notre ambition, dès l'origine, était de faire un film sur Saint Laurent tout simplement. Comme l'a dit très justement Bertrand (Bonello) dans une interview, le fait qu'il y ait eu ce deuxième film nous a libérés des contraintes du film biographique traditionnel, nous permettant d'aller plus profondément dans la vérité», a-t-il dit en conférence de presse.

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