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USA: le ministre Holder appelle à agir, 60 ans après la fin de la ségrégation

16/05/2014 02:55 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

Soixante après la décision qui mit fin à la ségrégation à l'école, le ministre américain de la Justice, lui-même noir, a appelé vendredi à "agir, agir encore pour éradiquer les inégalités encore trop persistantes" dans l'Amérique du 21e siècle.

Le 17 mai 1954, la Cour suprême des Etats-Unis décida que la ségrégation raciale dans les écoles publiques violait la Constitution et ordonna, un an plus tard, de procéder à l'intégration des enfants noirs parmi les élèves blancs des établissements scolaires.

"Ce processus hésitant, conflictuel, et parfois sanglant, n'a pas mis fin à lui seul aux croyances et aux comportements qui avaient donné naissance à la véritable inégalité dès le départ", a déclaré le ministre Eric Holder, dans un discours de commémoration du 60e anniversaire de la décision historique "Brown V Board of Education".

Cet arrêt a sonné "un changement radical", a salué le ministre, et "le fait de travailler dans une administration conduite par un autre Afro-Américain témoigne des progrès" accomplis.

Mais la décision "n'a pas abattu instantanément ni sans douleur les murs qui divisaient tant notre pays. Elle a cependant déverrouillé des barrières", a-t-il déclaré, à l'invitation de la Ligue de défense des droits (LDF) de la puissante organisation noire NAACP.

M. Holder a évoqué le "terrain difficile et incertain" et la "résistance massive" de certains Etats où les écoles publiques ont été fermées et des établissements privés ont été ouverts pour les Blancs seulement.

Il a rendu hommage à une jeune étudiante noire, Vivian Malone, dont il a plus tard épousé la soeur, qui avait, neuf ans après "Brown v Board of Education", tenu tête au gouverneur de l'Alabama refusant l'accès des Afro-américains à l'Université.

Il a cité la juge d'origine hispanique de la Cour suprême Sonia Sotomayor qui, le mois dernier, a donné de la voix face à la décision de la majorité portant un coup à la discrimination positive à l'Université.

Eric Holder avait trois ans lors de cette décision historique et il a salué les "pionniers" qui lui ont permis d'appartenir à la première génération de l'après-Brown.

Mais dans la foulée de ces pionniers de la LDF, il a promis "de ne jamais s'arrêter de travailler" à la tête du ministère de la Justice, pour éradiquer "les divisions et les disparités qui persistent même aujourd'hui au 21e siècle".

Il a cité 200 cas d'écoles où l'intégration n'est pas encore appliquée malgré leurs "obligations légales", ou encore le "tuyau école-prison" dans lequel les jeunes noirs s'engouffrent trois fois plus que les jeunes blancs.

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