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Un nationaliste hindou controversé devient premier ministre de l'Inde

16/05/2014 07:47 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

NEW DELHI - Un leader du mouvement nationaliste hindou sera le prochain premier ministre de la plus grande démocratie du monde après avoir remporté la victoire électorale la plus décisive en plus d'un quart de siècle en Inde, délogeant du pouvoir le parti du Congrès qui a longtemps dominé la vie politique du pays, montrent les résultats préliminaires rendus publics vendredi.

Alors que sa victoire écrasante devenait claire, Narendra Modi est apparu devant une foule de partisans en liesse et a tenté d'adopter un ton conciliant après une longue et difficile campagne électorale.

«J'ai toujours dit que pour gouverner la nation, il était de notre responsabilité d'emmener tout le monde avec nous», a lancé M. Modi, qui a fait campagne sur la reprise de la croissance économique.

Même si sa victoire est retentissante, ses opposants craignent que son arrivée au pouvoir aggrave les tensions interreligieuses entre la majorité hindoue et les 138 millions de musulmans du pays.

En tant que nationaliste hindou, M. Modi reste une personnalité controversée dans ce pays de 1,2 milliard de citoyens, en grande partie parce que c'était lui qui dirigeait l'État du Gujarat au moment des émeutes intercommunautaires de 2002, qui ont fait plus de 1000 morts, en majorité des musulmans.

M. Modi a été accusé d'avoir fait peu d'efforts pour empêcher les violences, même s'il nie ces allégations et qu'il n'a jamais été accusé d'un crime. Mais certains se demandent s'il peut vraiment être un dirigeant véritablement laïque dans un pays aussi multiconfessionnel.

Le parti du Congrès a tenté de mettre l'accent sur les émeutes de 2002 durant la campagne, mais l'élan de M. Modi, conjugué à son insistance sur la relance économique, l'ont propulsé vers la victoire.

Le résultat est une défaite écrasante pour le Congrès, un parti intimement lié à la dynastie politique Nehru-Gandhi qui a pratiquement dominé la vie politique indienne depuis l'indépendance du pays.

Selon les résultats préliminaires annoncés vendredi matin par la commission électorale, le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata (BJP) de M. Modi a remporté suffisamment de sièges à la chambre basse pour dépasser la majorité de 272 sièges requise pour créer un gouvernement sans former une coalition avec de plus petits partis. Sur les 357 sièges confirmés, le BJP en a remporté 217 et était en avance pour 65 autres.

Les résultats finaux sont attendus d'ici samedi matin, mais la victoire de M. Modi est assurée.

La dernière fois qu'un parti politique a remporté la majorité en Inde remonte à 1984, quand le parti du Congrès avait remporté plus de 400 sièges après l'assassinat de la première ministre Indira Gandhi.

Narendra Modi, un politicien de carrière âgé de 63 ans, obtient ainsi un mandat fort pour gouverneur l'Inde dans une période de profonds changements sociaux et économiques. L'Inde subit les conséquences d'une urbanisation et d'une mondialisation rapides alors que le nombre de jeunes atteint des sommets, plusieurs nouveaux électeurs étant beaucoup moins fidèles aux traditions électorales centrées sur les lignées familiales et les castes.

Pour les jeunes électeurs indiens, la priorité est la création d'emplois et le développement économique, des thèmes mis de l'avant par M. Modi tout au long de sa campagne.

Le parti du Congrès semble avoir souffert des scandales de corruption à répétition et du ralentissement économique des dernières années. Les résultats montrent que le parti historique n'aurait remporté que 45 sièges, son pire score de tous les temps.

Le chef de la campagne du parti du Congrès, Rahul Gandhi, âgé de 43 ans, n'aura pas réussi à gagner la confiance des électeurs. Il ne semblait pas très à l'aise dans ce rôle auparavant assumé par son père, sa grand-mère et son arrière-grand-père.

«Je souhaite le meilleur au nouveau gouvernement», a déclaré M. Gandhi aux journalistes vendredi après-midi, en s'attribuant la responsabilité de la défaite de son parti.

Tout de suite après, sa mère, Sonia Gandhi, présidente du parti, a pris le micro pour dire qu'elle assumait la responsabilité de la défaite.

Le duo mère-fils n'a pas répondu aux questions des journalistes après ces brefs commentaires.

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