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Les insurgés prorusses cèdent du terrain dans l'est de l'Ukraine

16/05/2014 08:56 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

MARIUPOL, Ukraine - Les insurgés prorusses qui sévissent depuis plusieurs semaines dans l'est de l'Ukraine ont commencé à évacuer les édifices gouvernementaux qu'ils occupaient, maintenant que des aciéristes organisent des patrouilles de citoyens.

Ces patrouilles ont débuté plus tôt cette semaine quand l'homme le plus riche d'Ukraine, Rinat Akhmetov, a demandé aux ouvriers de ses aciéries d'aider la police à rétablir l'ordre.

La compagnie de M. Akhmetov, Metinvest, a négocié la signature d'un accord, jeudi, entre les directeurs des usines, la police locale et les leaders communautaires de Mariupol, la deuxième plus grande ville de la région de Donetsk, afin d'améliorer la sécurité dans la ville et de libérer les édifices occupés.

Un représentant de la République populaire de Donetsk, une entité autoproclamée qui a déclaré son indépendance lundi, a aussi signé l'entente.

Des journalistes de l'Associated Press n'ont aperçu aucun insurgé dans les rues de Mariupol, vendredi. Un commandant des rebelles, German Mandrakov, a admis que ses hommes ont pris la fuite et qu'il a été contraint d'abandonner l'édifice qu'il occupait depuis plusieurs semaines.

«Ils se sont tous sauvés, a-t-il dit en utilisant un mot russe vulgaire qui désigne des poltrons. Quelqu'un essaie de semer la mésentente parmi nous, quelqu'un a signé quelque chose, mais nous poursuivrons la lutte.»

Metinvest dispose de deux aciéries à Mariupol, une ville portuaire de 500 000 habitants et un important centre industriel le long de la principale route entre la Russie et la Crimée, la péninsule de la mer Noire annexée par Moscou le mois dernier. La ville a été le théâtre de violences importantes, notamment d'une fusillade qui a coûté la vie à un policier près d'un commissariat.

Vendredi matin, des dizaines d'employés de Metinvest vêtus de combinaisons et de casques de travail s'affairaient à démanteler les barricades autour de l'immeuble gouvernemental.

Un employé de Metinvest qui nettoyait les rues, Viktor Gusak, a dit que les citoyens «en ont assez de l'anarchie et que les cambriolages doivent cesser».

Des camions ont emporté les débris et les pneus utilisés pour ériger les barricades, et en milieu de journée, l'édifice du gouvernement de Mariupol avait été presque complètement dégagé.

Une centaine de patrouilles composées de deux policiers et de six ou huit aciéristes circulent maintenant dans les rues de la Mariupol, et une porte-parole de la police a noté une amélioration «importante» de la situation sécuritaire. Les cambriolages et les vols de voiture s'étaient multipliés après que les insurgés prorusses aient pris le contrôle de la ville.

«Pour la première fois depuis plusieurs semaines, je peux sortir faire mes courses sans crainte», a dit une résidante de 47 ans, Valentina Tochilina.

M. Akhmetov avait jusqu'à présent refusé de se mêler du conflit, même si les affrontements se déroulaient essentiellement dans la cour arrière de son empire. Il est finalement sorti de son mutisme mercredi, après avoir fait l'objet de nombreuses critiques, pour prévenir que l'indépendance ou l'annexion de Donetsk à la Russie représenterait une catastrophe économique.

Un document publié vendredi par les Nations unies s'inquiète des violations des droits de la personne commises dans l'est de l'Ukraine, quand des groupes armés ont profité de l'anarchie qui régnait.

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