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Les chiffres d'avril confirment la reprise du marché automobile européen

16/05/2014 08:19 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

Les constructeurs automobiles européens s'accordent à dire que le marché a tourné la page de la crise, et les chiffres leur donnent raison, avec un huitième mois consécutif de croissance des ventes de véhicules neufs en avril, +4,6%.

Le nombre de voitures vendues, s'il est en hausse, reste néanmoins à un niveau bas. Le mois dernier, 1.089.226 voitures neuves ont été immatriculées dans l'Union européenne (hors Malte), selon les chiffres communiqués vendredi par l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA).

"Avril 2013 avait marqué une étape importante l'an passé: c'était la première fois depuis fin 2011 que le marché européen connaissait une hausse. Le fait que les ventes restent en croissance en avril 2014 est une véritable raison de satisfaction. La tendance au redressement confirme, mois après mois, qu'elle est solide et durable", commente Carlos da Silva, analyste chez IHS Automotive.

La croissance des ventes du mois d'avril s'explique par la bonne tenue des principaux marchés européens: +1,9% en Italie, +5,8% en France, +8,2% au Royaume-Uni, et jusqu'à +28,7% en Espagne, grâce à la prime à la casse.

La forte croissance du marché espagnol n'étonne pas Jean-François Belorgey, associé chez EY (ex Ernst & Young): "quand on part de zéro, les chiffres sont forcément impressionnants dès que ça bouge". Il se dit en revanche "interrogatif devant l'évolution du marché français. Peut-être que le climat général, la tonalité, changent, il y a plus de confiance".

Seule l'Allemagne connaît un recul de ses immatriculations neuves (-3,6%). "S'agit-il de la crise russe? Je ne vois que cette explication. Il est vrai que, plus globalement, l'économie allemande est dépendante des exportations, surtout avec la Russie et la Chine. Or, les grandes économies émergentes sont en train de chanceler", analyse Jean-François Belorgey.

Sur les quatre premiers mois de l'année, par rapport aux quatre premiers mois de 2013, la hausse des ventes de voitures dans l'Union Européenne est de 7,4%.

Là aussi, les principaux marchés tirent cette croissance: +2,9% en Allemagne, +3,7% en France, +5% en Italie, +12,5% au Royaume-Uni et +16,2% en Espagne.

- BMW, Audi et Mercedes à la traîne -

Les constructeurs français profitent de cette embellie durable. Les ventes du groupe Renault ont bondi de 16,1%, grâce à sa marque à bas coûts Dacia (+34,6%), mais la marque au losange réalise également une performance élevée (+9,4%).

Le groupe PSA Peugeot Citroën connaît une hausse de 5,2%, également plus importante que celle du marché.

Certains groupes connaissent des taux de croissance supérieurs à 20%, à l'image de Mazda (+30,1%), Jaguar Land Rover (+27,7%) ou Nissan (+22,1%). Les ventes de Ford sont en hausse de 9,1%, tandis que celles du groupe Toyota (+4,8%) ou du groupe Volkswagen (+4,4%) sont dans la moyenne.

Le groupe GM en revanche voit ses ventes baisser de 5,2%, essentiellement du fait de sa marque Chevrolet (-75,3%), qu'il retire du marché européen. L'objectif, avait-il annoncé en décembre, est de laisser le champ libre en Europe à ses filiales allemande Opel et britannique Vauxhall.

"Les marques premium allemandes, Audi, Mercedes, BMW, ont du mal à suivre le marché", ajoute Jean-François Belorgey, qui note qu'"au plus fort de la crise, les marques premium marchaient bien, c'est quand le marché repart qu'elles s'en sortent moins bien".

Il y voit un effet "des bonus et malus dans certains pays". Ainsi, explique-t-il, la marque haut de gamme "Lexus marche bien depuis plusieurs mois, probablement grâce à son historique dans les produits hybrides.

Depuis 2007, le marché automobile européen a fondu de plus de 3 millions de voitures.

jul/ih/abk

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