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"La chambre bleue", drame passionnel signé Simenon adapté par Amalric

16/05/2014 11:23 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

Julien et sa maîtresse Esther s'enlacent, nus après l'amour, à l'abri des regards dans un hôtel d'une petite ville de province française. "Si je devenais libre, tu te rendrais libre aussi?", demande l'amante. L'homme marié ne semble pas se douter de la portée de cette question, prémonitoire d'un drame passionnel...

Arrêté par la police, interrogé par un juge d'instruction, Julien (Mathieu Amalric) cherche ses mots et son oxygène. Il tente de fouiller dans ses souvenirs, ceux d'avant la tragédie qui a débuté avec la mort du mari d'Esther, incarnée par Stéphanie Cléau, la compagne d'Amalric à la ville.

Avec "La chambre bleue", adapté d'un roman de Georges Simenon (1964), l'acteur-réalisateur français Amalric signe son cinquième long-métrage, sélectionné dans la section Un certain regard. Son pétillant "Tournée" avait obtenu en 2010 le prix de la mise en scène à Cannes.

"Quel plaisir à la première lecture! Que s'est-il passé? Qui est mort? C'est très excitant à transposer au cinéma", a confié au quotidien Le Figaro le réalisateur, qui travaille par ailleurs depuis trois ans à l'adaptation du roman Le Rouge et le Noir de Stendhal sur grand écran.

Tout au long du film, qui sort ce vendredi en salles, les indices sont révélés au compte-goutte au spectateur, qui ignore tout du drame jusqu'au dernier moment. L'intrigue progresse au fil des flash-backs, où apparaissent les scènes d'amour entre Julien et Esther, leur jeu de séduction-répulsion, ou encore Léa Drucker dans la peau d'une épouse passive perdue dans sa grande et froide maison d'architecte.

Les personnages principaux, froids, au regard souvent figé, comme absent, évoluent au gré de prises de vue léchées, stylisées. Des insectes s'invitent régulièrement dans des moments a priori parfaits (promenade en famille, corps lascifs après l'amour...), comme pour symboliser le fruit pourri, la mort qui rôde. L'ambiance est hypnotique, lourde, tendue, jusqu'au dénouement qui tombe comme un couperet.

"J'ai trouvé fascinant ces dialogues, cette violence sourde qui se cache derrière une situation simple. Et dans la réalisation d'Amalric, il y a quelque chose des films de Truffaut", juge Léa Drucker dans Le Parisien/Aujourd'hui en France.

dab/pjl/bg

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