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De violents affrontements dans l'est de la Libye font au moins 24 morts

16/05/2014 09:54 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

TRIPOLI, Libye - De violents combats entre des soldats loyaux à un général solitaire et deux milices islamistes ont fait au moins 24 morts vendredi dans l'est de la Libye. Le principal dirigeant militaire du pays a affirmé que cette offensive, lancée sans l'approbation du gouvernement, équivalait à un «coup d'État».

Des avions et des hélicoptères militaires, apparemment sous le commandement du général Khalifa Hifter, ont survolé la ville de Benghazi, ont expliqué des responsables de la sécurité. Au sol, les troupes du général ont assiégé les bases de deux milices islamistes, Rafallah al-Sahati et la milice du 17-Février, ont ajouté ces responsables, qui ont réclamé l'anonymat parce qu'ils n'étaient pas autorisés à s'adresser aux journalistes.

Les affrontements ont fait au moins 24 morts, selon plusieurs responsables de la santé dans quatre hôpitaux de la ville où les corps sont arrivés. Quelque 124 personnes ont aussi été blessées, d'après les autorités.

Mohammed al-Hegazi, porte-parole du général Hifter, a déclaré à la chaîne de télévision libyenne Al-Ahrar que certaines unités militaires s'étaient jointes au général et à ses forces dans leur lutte contre les milices islamistes.

Il a précisé que l'opération, intitulée «Dignité de la Libye», avait mobilisé les forces aériennes et les forces spéciales. Les forces du général Hifter contrôlent maintenant les bases des deux milices islamistes, a-t-il dit.

«Les affrontements ne cesseront pas tant que l'opération n'aura pas atteint son but», a affirmé M. Al-Hegazi.

Le porte-parole a indiqué que des forces basées à l'aéroport de Benghazi avaient participé à l'assaut, des allégations qui n'ont pas pu être vérifiées dans l'immédiat. Des images tournées par l'Associated Press montrent au moins un hélicoptère militaire survolant la ville où des tirs retentissent.

S'exprimant de Benghazi, un commandant de la milice Rafallah al-Sahati, Ismail al-Salabi, a estimé que cette attaque équivalait à une tentative de coup d'État, tout en niant que la milice ait perdu le contrôle de ses bases.

Un autre commandant, Fathi al-Obeidi, a qualifié l'attaque du général Hifter de «rébellion contre les révolutionnaires, l'État et la révolte légitime».

L'agence de presse libyenne LANA a cité le porte-parole des forces spéciales, Milad al-Zowi, qui a nié l'implication de ses troupes dans l'assaut.

Le chef d'état-major libyen, le major-général Abdel-Salam Gadallah al-Obeidi, a déclaré sur les ondes de la télévision nationale que l'attaque avait été menée par les forces du général Hifter. Il n'a pas voulu dire si des soldats de l'armée gouvernementale avaient participé à l'assaut.

Le général al-Obeidi a cependant interdit à toute force armée de se rendre à Benghazi pour rejoindre les rangs du général Hifter. Il a lui aussi qualifié ces événements de «coup d'État».

Le premier ministre par intérim, Abdullah al-Thani, a plus tard déclaré qu'un seul avion avait attaqué les milices sans la permission du gouvernement, en plus d'environ 120 véhicules militaires chargés d'armes.

«C'est une tentative de profiter de la situation actuelle pour renverser la révolution... L'époque des coups d'État terminée», a-t-il dit.

Le général Hifter a déjà dirigé l'armée libyenne durant la dictature de Mouammar Kadhafi, mais il avait fait défection dans les années 1980. Après la chute du régime, il avait été brièvement chargé de reconstruire l'armée.

Une vidéo diffusée par plusieurs médias libyens en février le montrait, en uniforme militaire et devant une carte du pays, affirmer que l'armée comptait «sauver» la nation, notamment en suspendant le Parlement et en remplaçant le gouvernement par un conseil présidentiel et un comité de défense qu'il présiderait.

Le gouvernement libyen avait perçu cette déclaration comme une tentative de coup d'État.

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