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Birmanie: situation alarmante des déplacés (ONU)

16/05/2014 01:04 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

Les organisations humanitaires ont lancé un cri d'alarme concernant le sort de milliers de civils déplacés en raison des combats entre l'armée birmane et les rebelles de la minorité ethnique kachin, a indiqué le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

"Les organisations humanitaires sont toujours très préoccupées par l'accroissement de l'insécurité et le déplacement de milliers de personnes au cours des dernières semaines dans l'Etat Kachin et l'Etat Shan", a indiqué l'OCHA.

La plupart des personnes déplacées le sont pour la deuxième ou troisième fois, tandis qu'un nombre indéterminé d'habitants auraient fui en Chine en franchissant la frontière entre les deux pays.

La Birmanie est le théâtre depuis son indépendance des Britanniques en 1948 de plusieurs conflits armés entre le pouvoir central et plusieurs des nombreuses minorités ethniques, devenus la plus ancienne guerre civile au monde.

Le conflit dans l'Etat Kachin, dans l'extrême nord de la Birmanie, à la frontière chinoise, a repris en 2011 après dix-sept années de trêve, déplaçant quelque 100.000 personnes et faisant un nombre indéterminé de mort.

En avril, d'intenses combats près de camps de déplacés dans l'Etat Kachin ont obligé 2.700 personnes à prendre la fuite, selon l'OCHA.

Le gouvernement quasi civil qui a succédé à la junte en 2011 a réussi à conclure des trêves avec 14 des 16 principaux groupes rebelles.

Mais les discussions avec l'Armée pour l'indépendance kachin (KIA) et l'Armée nationale de libération ta'ang, dans l'Etat Shan, n'ont pas abouti. Une nouvelle série de pourparlers cette semaine avec l'aile politique de la KIA n'ont produit que peu de résultats, à part un accord sur une poursuite du dialogue.

Des pourparlers de paix avec les principales minorités ethniques, prévus les 19 et 20 mai, ont été reportés de deux jours en raison de l'aggravation des tensions dans les Etats Kachin et Shan, selon des sources proches du dossier.

"Nous tentons de réduire la suspicion des deux côtés", a déclaré à l'AFP Hla Maung Shwe, responsable de l'instance de négociation du Centre de paix de la Birmanie.

Plus de 50% des déplacés de l'Etat Kachin se trouvent dans des camps qui échappent au contrôle du gouvernement et ne bénéficient que d'une aide limitée des ONG étrangères.

"La saison des pluies, imminente, entrainera des risques accrus d'inondations et de maladies dues aux problèmes d'eau, en conséquence, l'eau, les problèmes sanitaires et l'hygiène constitueront une priorité pour les interventions humanitaires au cours des prochaines semaines", a déclaré Florent Turc, coordinateur de Solidarités International dans le Kachin, cité par le texte de l'OCHA.

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