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Après l'Ukraine, "on ne peut plus faire confiance aux garanties" de Moscou (Rasmussen)

16/05/2014 08:50 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

Le chef de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a déclaré vendredi à Bucarest que les Alliés ne pouvaient "plus faire confiance" aux assurances de Moscou quant au respect de l'intégrité territoriale des pays de la région après le rattachement de la Crimée.

"Après ce que nous avons vu en Ukraine, personne ne peut plus faire confiance aux prétendues garanties de Moscou quant à la souveraineté et l'intégrité territoriale d'autres pays", a indiqué M. Rasmussen au cours d'une conférence de presse.

Le secrétaire général de l'Otan faisait référence à des déclarations de la Russie assurant qu'elle respecterait l'intégrité territoriale de la Moldavie à condition que cette ancienne république soviétique coincée entre la Roumanie et l'Ukraine préserve sa neutralité et assure un statut spécial pour la région séparatiste pro-russe de Transdniestrie.

La Moldavie, pays majoritairement roumanophone de 3,5 millions d'habitants, doit signer le 27 juin un accord d'association avec l'Union européenne, une démarche qui provoque la colère de Moscou et de la Transdniestrie, peuplée majoritairement de russophones.

M. Rasmussen a rappelé que la Russie s'était engagée en 1994 à garantir l'intégrité et la souveraineté de l'Ukraine, "or ce que nous avons vu récemment c'est une appropriation territoriale par la force, le rattachement illégal de la Crimée".

Chaque pays à le droit de décider de son affiliation à une alliance, a-t-il martelé, exhortant la Russie à "respecter ses obligations internationales, sans tenter de déstabiliser la situation que ce soit en Moldavie ou en Ukraine".

M. Rasmussen a par ailleurs tenu à dédramatiser des propos du Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk qui avait évoqué le mois dernier le risque que la Russie lance une troisième guerre mondiale, rappelant toutefois que l'Alliance avait pris des mesures pour renforcer la défense collective de ses membres et était prête à adopter des mesures supplémentaires si cela s'imposait.

Alors que le chef de l'Otan a appelé les Etats membres à dépenser plus pour la Défense, Bucarest vient d'annoncer sa décision de faire passer le budget alloué à ce secteur à 2% en 2017.

"Le budget s'élève actuellement à 1,5% et, sur la base d'une hausse graduelle, nous pourrons aboutir aux 2% requis à tous les membres de l'Otan", a déclaré le Premier ministre roumain Victor Ponta.

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