NOUVELLES

Alstom: le patronat américain pointe le "protectionnisme" français

16/05/2014 01:44 EDT | Actualisé 16/07/2014 05:12 EDT

Le lobby du patronat américain a estimé vendredi que le décret pris par la France pour encadrer le rachat d'entreprises stratégiques comme Alstom relevait en partie du "protectionnisme" et n'améliorait pas la "compétitivité" du pays.

"Il n'y a rien dans les motivations du récent décret français (...) qui n'est pas explicitement un mélange de politique industrielle et de protectionnisme", a indiqué à l'AFP Sean Heather, un des directeurs exécutifs de la Chambre de commerce américaine, qui représente plus de 3 millions d'entreprises.

La France a étendu jeudi notamment à l'énergie et aux transports le mécanisme de protection des entreprises stratégiques contre les appétits étrangers, faisant du gouvernement l'arbitre des négociations entre Alstom et les prétendants à un rachat partiel du groupe, dont l'américain General Electric.

Concrètement, les investissements étrangers dans les secteurs protégés seront désormais soumis à l'approbation préalable du ministre de l'Economie.

Selon la Chambre de commerce américaine, ce décret "ne fait rien pour améliorer la compétitivité" française, a assuré M. Heather dans son courriel.

Un tel mécanisme n'existe pas aux Etats-Unis mais l'administration peut toutefois intervenir lorsque des actifs liés à la "sécurité nationale" et à des "infrastructures cruciales" sont convoités par une entreprise étrangère.

Dans cette hypothèse, les offres de rachat sont examinées par le Comité sur l'investissement étranger aux Etats-Unis (CFIUS), qui regroupe notamment des représentants du Trésor, du département d'Etat de la Défense et du renseignement intérieur.

A l'issue d'un examen qui peut durer jusqu'à 75 jours, cet organe peut approuver la transaction, demander des aménagements ou --cas extrême-- recommander au président des Etats-Unis de l'interdire purement et simplement.

En septembre 2012, Barack Obama a ainsi bloqué l'achat par des entreprises chinoises de fermes éoliennes de l'Oregon, dans le nord-ouest du pays, au motif qu'elles étaient situées près d'une base militaire américaine.

Sans aller jusqu'au veto présidentiel, qui n'avait plus été activé depuis 1990, les pressions politiques du Congrès ont parfois conduit à l'abandon d'offres de rachat aux Etats-Unis, notamment celles émanant d'investisseurs chinois.

jt/sl/are

ALSTOM

GENERAL ELECTRIC

PLUS:hp