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Une vague de manifestations antigouvernementales commence au Brésil

15/05/2014 05:48 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

SAO PAULO - Des Brésiliens ont lancé une vague de manifestations antigouvernementales à travers le pays, jeudi, brûlant des pneus et bloquant des routes pour attirer l'attention sur les besoins en logement et en éducation avant l'ouverture de la Coupe du monde de soccer, en juin.

À Sao Paulo, la plus grande ville du pays, des manifestants ont bloqué deux routes stratégiques, tandis que des centaines de personnes se sont réunies près de l'un des stades construits pour l'événement.

«Notre objectif est symbolique. Nous ne voulons pas détruire ni endommager le stade», a déclaré Guilherme Boulos, chef du Mouvement des travailleurs sans logement, dont les militants se sont rassemblés près du stade Itaquerao. «Ce que nous voulons, c'est plus de droits pour les travailleurs afin qu'ils puissent avoir accès aux logements, et montrer les effets de la Coupe du monde sur les pauvres.»

Le groupe affirme que de nombreux citoyens ont été forcés de quitter leur logement à cause de la montée en flèche du prix des loyers dans le quartier où se trouve le nouveau stade.

Quelque 1500 manifestants ont brandi des bannières rouges et le drapeau brésilien, alors qu'une épaisse fumée noire provenant des pneus en flammes bloquait la vue du stade. Des dizaines de policiers antiémeute étaient alignés devant l'entrée principale, près d'une zone de construction où étaient garées des grues et d'autres machines servant à transporter les matériaux nécessaires pour achever la construction du stade.

Des manifestations antigouvernementales ont aussi eu lieu dans d'autres villes qui accueilleront des matchs de la Coupe du monde. Certaines avaient été organisées par deux importants syndicats qui réclament de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.

Dans l'État du Pernambouc, dans le nord-est du pays, les policiers ont mené une troisième journée de grève pour réclamer une hausse de salaire de 50 pour cent.

«Ils se servent évidemment de l'imminence de la Coupe du monde pour faire pression sur nous», a déclaré le secrétaire de presse du gouvernement local, Manoel Guimaraes, lors d'une entrevue téléphonique.

La capitale de l'État, Recife, accueillera cinq matchs de la Coupe du monde à partir du 14 juin.

M. Guimaraes a indiqué que des membres d'élite de la police fédérale avaient été déployés dans l'État pour faire face à la multiplication des pillages, des vols de voitures et des meurtres depuis le début de la grève des policiers.

Les manifestations sont considérées comme un test de la capacité du gouvernement à maintenir la sécurité durant la Coupe du monde.

L'an dernier, d'importantes manifestations antigouvernementales à travers le Brésil avaient assombri le déroulement de la Coupe des confédérations. Au moins six personnes avaient perdu la vie dans les multiples affrontements entre la police et les manifestants.

De nombreux Brésiliens sont en colère face aux milliards de dollars dépensés pour l'organisation de la Coupe du monde. Ils estiment que le gouvernement devrait plutôt consacrer cet argent à l'amélioration des services de santé et d'éducation et aux infrastructures.

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