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Une Soudanaise enceinte condamnée à mort pour avoir épousé un chrétien

15/05/2014 03:57 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

KHARTOUM, Soudan - Une Soudanaise enceinte qui a épousé un chrétien a été condamné à mort, jeudi, après avoir refusé de renoncer à sa foi, a annoncé son avocat.

Meriam Ibrahim, née d'un père musulman et d'une mère chrétienne orthodoxe d'Éthiopie, a été reconnue coupable d'«apostasie» dimanche et avait quatre jours pour se repentir et échapper à la peine de mort, a expliqué son avocat, Al-Shareef Ali al-Shareef Mohammed.

La femme de 26 ans, enceinte de huit mois, a été condamnée à mort après l'expiration de cette période de grâce, a indiqué Me Mohammed.

Amnistie internationale a immédiatement dénoncé la condamnation, estimant qu'il s'agissait d'une «violation flagrante du droit international en matière de droits de la personne».

Me Mohammed a affirmé que la condamnation avait été expéditive et entachée de failles juridiques, puisque le juge a refusé d'entendre d'importants témoins de la défense et ignoré les dispositions constitutionnelles sur la liberté de religion et l'égalité entre les citoyens.

Meriam Ibrahim a épousé Daniel Mani lors d'une cérémonie chrétienne en 2011. Le couple, qui dirige une ferme au sud de Khartoum, a déjà un fils de 18 mois, Martin, qui est présentement en prison avec sa mère.

Le Code pénal soudanais criminalise la conversion des musulmans à une autre religion, un geste passible de la peine de mort.

Comme dans beaucoup de pays musulmans, les Soudanaises musulmanes n'ont pas le droit d'épouser des non-musulmans, mais les hommes peuvent épouser une femme d'une autre religion. En vertu de la loi, les enfants doivent adopter la religion de leur père.

Le Soudan a adopté la loi islamique dans les années 1980, une décision qui a notamment contribué à la reprise de l'insurrection dans le sud chrétien et animiste du pays, devenu en 2011 un pays indépendant, le Soudan du Sud.

Le président Omar el-Béchir, un islamiste qui a pris le pouvoir en 1989 lors d'un coup d'État militaire, a affirmé que son pays appliquerait la loi islamique plus strictement maintenant que le sud non musulman ne fait plus partie du pays.

Me Mohammed a indiqué qu'il avait l'intention de porter en appel la condamnation à mort de Mme Ibrahim.

«Le juge a excédé son mandat quand il a décrété la nullité du mariage de Meriam parce que son mari est d'une autre religion que la sienne», a affirmé l'avocat à l'Associated Press. «Il pensait plus aux lois de la charia qu'aux lois et à la Constitution du pays.»

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