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Trois cadres chinois assassinés au Xinjiang durant la visite de Xi Jinping

15/05/2014 06:29 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Trois cadres chinois ont été assassinés au Xinjiang lors de la récente visite du président Xi Jinping dans cette région de l'ouest chinois en proie des violences ethniques et confessionnelles, ont rapporté jeudi Radio Free Asia (RFA) et des sites internet.

Les trois hommes ont été tués le mois dernier alors qu'ils pêchaient à bord d'un bateau sur un lac du canton de Kargilik, dans la préfecture de Kashgar, deuxième ville du Xinjiang, a indiqué RFA, citant les autorités locales.

"Deux d'entre eux ont été égorgés et jetés dans le lac, le troisième a été poignardé 31 fois avant d'être lui aussi jeté à l'eau", a déclaré Enver Tursun, chef-adjoint de la police de Janggilieski, à la radio américaine.

La version en chinois de RFA attribue toutefois cette citation à des informations reçues par son service en ouïghour.

L'une des victimes dirigeait une agence bancaire locale et les deux autres un département de télécommunications. Tous les trois, d'ethnie han (Chinois de souche), avaient été affectés au Xinjiang deux ans plus tôt.

L'incident est survenu alors que le président Xi Jinping était à Kashgar le même jour, dans le cadre de sa première visite au Xinjiang en tant que chef de l'Etat, de même source.

Cette région semi-désertique aux confins de l'Asie centrale est le théâtre de violences en nette recrudescence depuis plus d'un an, attribuées par Pékin à des séparatistes et fondamentalistes musulmans.

Les Ouïghours, des turcophones qui constituent la première ethnie au sein de la population locale, dénoncent régulièrement pour leur part une quasi "colonisation" du Xinjiang par les Hans, arrivés par millions ces dernières décennies, et la répression de leur culture et de leur religion.

En proie à une situation "grave et complexe", la région, avait déclaré le président chinois, constitue la "ligne de front" de la Chine contre le terrorisme.

Au dernier jour de sa visite, une attaque au couteau à la gare d'Urumqi, la capitale régionale, avait fait un mort et 79 blessés. Deux assaillants avaient trouvé la mort en faisant sauter les explosifs qu'ils portaient sur eux.

Les policiers ont retenus de trois à cinq suspects sur plus de 150 personnes interrogées, originaires d'un village "à 99% ouïghour", selon un responsable local cité par RFA.

La presse officielle chinoise a fait silence sur l'incident, bien que les trois veuves des victimes aient fait circuler une déclaration sur des forums internet pour exiger justice et accuser les autorités de Kargilik d'avoir voulu étouffer l'affaire.

"Le gouvernement est faible et incapable (...) devant l'arrogance et la violence de terroristes violents", ont écrit les veuves, ajoutant: "Comment allons-nous oser sortir dehors à l'avenir ?"

Contactées par l'AFP, les autorités de Kashgar n'étaient pas disponibles pour commenter ces informations.

Les violences ont débordé récemment du Xinjiang, avec un carnage au couteau en mars dans la gare de Kunming (sud) qui a fait 29 morts et 143 blessés, et une attaque-suicide à Pékin sur la place Tiananmen en octobre dernier qui a fait cinq morts, dont les trois auteurs de l'attentat, et 40 blessés.

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