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Trois avocats se retirent du procès d'Al-Jazira au Caire impliquant un Canadien

15/05/2014 05:01 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

CAIRE, Égypte - Trois avocats qui représentaient des journalistes de la chaîne anglaise d'Al-Jazira accusés au Caire ont abandonné sans prévenir la cause, en soutenant que le réseau d'information établi à Doha profite de ces arrestations pour ternir l'image de l'Égypte.

Pendant l'audience de jeudi, l'un des accusés, le journaliste canado-égyptien Mohamed Fahmy, a crié sa colère à l'égard de ce nouveau développement.

Un avocat des droits de la personne, Mohamed Farouk, a aussi critiqué la décision des trois avocats, qualifiant les déclarations en cour de «mauvais présage» pour les journalistes détenus depuis décembre.

Le chef de bureau Mohamed Fahmy, le correspondant australien Peter Greste et le producteur égyptien Baher Mohamed sont accusés d'avoir fait partie et d'avoir soutenu un groupe terroriste, les Frères musulmans, organisation du président chassé du pouvoir Mohammed Morsi.

Les trois journalistes font aussi face à des accusations d'avoir produit des reportages erronés pour compromettre la sécurité nationale en Égypte.

Lors de l'audience, jeudi, l'avocat Farag Fathi a dénoncé le réseau d'information devant le juge Mohamed Nagi Shehata, disant qu'Al-Jazira représentait une «insulte» à l'Égypte. Il a aussi soutenu que le réseau lui avait attribué en ondes des propos qu'il n'avait jamais tenus.

Les trois avocats représentaient Peter Greste et Baher Mohamed. Leur décision de se retirer — et les propos tenus devant le juge — font craindre aux journalistes que leur défense soit encore davantage compromise. Ils ont indiqué ne pas avoir été prévenus à l'avance de la décision des avocats.

Dans un communiqué, jeudi, Al-Jazira a indiqué qu'il continuerait de travailler avec «une équipe juridique de premier ordre pour mettre fin à cette injustice».

Mohamed Farouk, un avocat des droits de la personne suivant de près la cause en Égypte, a soutenu que le geste des avocats pourrait nuire aux journalistes, puisqu'il laisse entendre que les prévenus sont coupables. Il a ainsi souligné que l'avocat de la défense Farag Fathi s'était collé, devant le juge, aux arguments de la poursuite.

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