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Timothy Spall est couvert d'éloges à Cannes pour son rôle dans «Mr Turner»

15/05/2014 09:47 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

CANNES, France - Dans le film biographique de Mike Leigh sur J.M.W. Turner, l'acteur Timothy Spall présente le grand peintre britannique comme un génie bourru et grognon.

«Mr. Turner» a été présenté en compétition au Festival de Cannes, jeudi, obtenant d'excellentes critiques et des éloges pour Spall, un vétéran acteur britannique de 57 ans. Celui que plusieurs connaissent pour son interprétation de Peter Pettigrew (Peter Pettigrow en français) dans les films de «Harry Potter» obtient, grâce à Leigh, un rôle principal bien mérité qui lui a permis d'être la grande vedette de cette deuxième journée cannoise.

«Ce qui fait de nous un match parfait, plus que tout autre chose, est le fait qu'il était un petit homme gras à l'allure étrange, tout comme moi, a blagué l'acteur. Mais en ce qui concerne son âme, j'ai dû faire beaucoup plus de recherches.»

Dans la peau du peintre du XIXe siècle, Spall est déterminé à capter l'éclairage dramatique composant ses paysages célèbres. Mais bien que l'on perçoive son intellect et son talent, le Turner de Spall — malpropre, grincheux et lubrique — détonne avec l'idée que l'on se fait d'un grand artiste

«Le génie ne vient pas toujours dans l'emballage le plus romantique, a déclaré Spall. La plupart des génies sont étranges.»

Sony Pictures Classics sortira «Mr. Turner» en Amérique du Nord en décembre, à temps pour la saison des galas. Pour l'instant, il fait compétition aux 17 autres films concourant pour la Palme d'Or.

Mike Leigh a remporté le prestigieux prix en 1996 grâce à «Secrets & Lies» («Secrets et mensonges»), auquel avait participé Spall.

Leigh est célèbre pour son style qui repose davantage sur des répétitions fortes en improvisation que sur un scénario. Cette approche a souvent provoqué des performances remarquées, notamment par Sally Hawkins dans «Happy-Go-Lucky», Imelda Staunton dans «Vera Drake» («Le secret de Vera Drake») et David Thewlis dans «Naked» («L'histoire de Johnny»).

Le réalisateur souhaitait depuis longtemps tourner un film sur Turner et a axé son long métrage — basé sur une recherche méticuleuse — sur les 25 dernières années de la vie du peintre, décédé en 1851.

Leigh s'est dit fasciné par cet individu «très mortel et imparfait d'une certaine façon», qui créait pourtant des oeuvres épiques.

«Il voit au-delà de la mer et du ciel, a avancé le cinéaste. Il nous fait voir une expérience qui va au-delà de la surface.»

Deux ans avant de commencer les répétitions, Leigh a fortement suggéré à Spall d'améliorer sa technique au pinceau en préparation pour le rôle. Pour Spall, Turner était «un peintre du sublime» qui voyait instinctivement «la beauté et l'horreur de la nature», même s'il ressemblait à un ouvrier humble et plutôt brute.

Souvent, pendant les deux heures et demie que dure le film, le personnage de Turner ne s'exprime que par un grognement.

«Le grognement est sorti de manière organique de cet homme extrêmement instinctif, émotif, autodidacte et intellectuel, qui avait des milliards de choses à dire mais qui ne les a jamais dites», a évoqué l'acteur.

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