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Scandale politique à Washington autour des soins des anciens soldats

15/05/2014 01:58 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Des retards persistants dans le traitement médical d'anciens soldats américains dans les hôpitaux qui leur sont dédiés suscitent la colère de parlementaires américains, qui ont accusé jeudi le ministre en charge de chercher à étouffer le problème.

Convoqué au Sénat, le secrétaire aux Anciens combattants Eric Shinseki --un poste très important dans ce pays en guerre depuis plus de 12 ans en Afghanistan--, a fait part de sa frustration, sans parvenir à convaincre les parlementaires.

Les retards incessants "ont affaibli la confiance de beaucoup de soldats dans le système", a déclaré la démocrate Patty Murray.

Des révélations le mois dernier sur un hôpital militaire de Phoenix, dans l'Arizona, ont particulièrement relancé la controverse, qui dure depuis des mois au niveau national. Comme dans de nombreux autres hôpitaux militaires, les vétérans y attendent parfois des mois avant de pouvoir décrocher un rendez-vous avec un médecin. Mais dans l'établissement de Phoenix, des responsables sont accusés d'avoir mis en place un système afin de dissimuler la longueur des listes d'attente. Les retards auraient à ce jour coûté la vie à 40 patients.

"Les accusations de ce type (...) me rendent furieux", a déclaré Eric Shinseki. "En même temps, cela m'attriste".

De nombreux républicains ont appelé à la démission du ministre, lui-même ancien soldat et vétéran de la guerre du Vietnam, nommé en 2009.

"Nous devrions tous avoir honte", a dit John McCain, lui-même un vétéran et sénateur de l'Arizona. Le républicain a raconté avoir rencontré des proches de quatre anciens soldats récemment décédés, et qui ne parvenaient pas à obtenir de rendez-vous.

"Les larmes aux yeux, ils ont décrit la souffrance de leurs proches qui n'arrivaient pas à recevoir les soins dont ils avaient besoin et qu'ils avaient mérités", a-t-il dit. "Ils ont raconté les innombrables coups de téléphone, les messages ignorés, les attentes interminables, la montagne de formalités bureaucratiques, tandis que leurs proches étaient atteints de maladies débilitantes et, au final, mortelles".

Le président Barack Obama "est inquiet et en colère", a déclaré son porte-parole Jay Carney jeudi. Si ces accusations étaient avérées, "ce serait scandaleux", a-t-il dit.

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