POLITIQUE

Rapport Ménard: les étudiants veulent des changements

15/05/2014 01:38 EDT | Actualisé 15/05/2014 04:08 EDT
Agence QMI

Les étudiants se disent «satisfaits» des conclusions du rapport de la Commission spéciale d’examen des évènements du printemps 2012 et souhaitent que certaines recommandations soient appliquées envers les instances concernées. Le gouvernement Couillard a toutefois fait savoir, jeudi, qu’il n’entendait pas donner suite à ce rapport qu’il juge partisan.

«On pense que le rapport a su cibler les bons éléments qui ont contribué au climat de tension lors de la crise étudiante de 2012», déclare la présidente sortante de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Éliane Laberge.

Une opinion partagée par son collègue de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Jonathan Bouchard. «On est satisfait des conclusions du rapport. Il vient faire la lumière sur l’implication du gouvernement qui ne voulait pas discuter et négocier avec les étudiants», pense le président.

Réagissant par communiqué de presse, l’Association pour une solidarité syndicale étudiante estime pour sa part que le rapport «met en lumière la détérioration accélérée des droits fondamentaux au Québec».

«Nos droits fondamentaux ne cessent d’être bafoués, et ce même après la grève, indique Justin Arcand, porte-parole de l’organisation. Sans surprise, la commission a observé des dizaines d'écarts policiers : violence démesurée, censure médiatique, non-respect des lois et règlements, camouflage de matricules, et on en passe. Il n'est pas étonnant de voir recommander la diminution ou même l'arrêt complet d'utilisation d'armes à projectiles, de gaz lacrymogène ou de grenades assourdissantes.»

Pour la présidente de la FECQ, deux éléments ressortent principalement du rapport. Le premier étant le refus du gouvernement de négocier, et ce, bien avant le commencement des premières manifestations étudiantes.

«Le refus de négocier du gouvernement a accentué la colère des étudiants. Ce n’était pas, d’ailleurs, l’attitude à avoir pour un gouvernement responsable», critique-t-elle.

Le deuxième point à retenir est l’utilisation de certaines tactiques policières qui ont, selon elle, «contribué à radicaliser» certains étudiants. «Il faut que les forces policières prennent conscience de certaines erreurs qui ont été commises», dit-elle, espérant un changement de certaines pratiques à l’avenir.

De son côté, l’ASSÉ «déplore que la Commission reconnaisse une légitimité aux encerclements et aux arrestations de masse», lit-on dans le communiqué de presse.

Pour la suite des choses, les étudiants souhaitent que le nouveau gouvernement lise le rapport et entame une «réflexion» sur les changements à apporter.

«Ce que nous avons vécu, on ne l’oubliera jamais, pense la présidente sortante de la FECQ. J’espère aussi que jamais un autre gouvernement ne va mépriser les étudiants ou la jeunesse comme au printemps 2012», dit-elle.

«On sait que le climat n’est plus le même. Il y a eu des élections et un changement de gouvernement. Mais on espère que les recommandations seront entendues», lance pour sa part le président de la FEUQ, Jonathan Bouchard.

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