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Pour Washington, avec la charia, Brunei enfreint le droit international

15/05/2014 07:33 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Brunei violerait les règles internationales protégeant les droits de l'homme si le sultanat n'abandonnait pas la mise en oeuvre progressive de la charia sur son territoire, a estimé jeudi une diplomate américaine.

Il est "important que les lois d'une nation se conforment à ses obligations internationales en matière de droits de l'homme", a souligné devant le Sénat américain Nina Hachigian, lors de son audition de confirmation de sa nomination au poste d'ambassadrice des Etats-Unis auprès de l'Asean.

"Certains des châtiments physiques ou corporels prévus par la loi, si elle était mise en oeuvre (...), iraient contre (les) obligations internationales" de Brunei, a-t-elle estimé.

Le sultan Hassanal Bolkiah a annoncé début mai l'entrée en vigueur progressive de la loi islamique sur son territoire. La phase initiale de l'application de la charia prévoit des amendes ou des peines de prison pour de petites offenses comme les comportements jugés indécents, l'absence à la prière du vendredi et les grossesses illégitimes. Les peines les plus sévères seront introduites fin 2015 et prévoient notamment la lapidation pour sodomie et adultère.

Suite à cette annonce, plusieurs personnalités, dont le patron de Virgin Richard Branson, ou le PDG du groupe de luxe Kering, François-Henri Pinault, ont appelé au boycott des hôtels de luxe de la chaîne Dorchester Collection, qui appartient à l'Agence d'investissement de Brunei, un fonds souverain contrôlé par le ministère des Finances. La chaîne possède notamment le Beverly Hills Hotel et le Bel-Air Hotel à Los Angeles, le Meurice et le Plaza Athénée à Paris, le Richemond à Genève ou l'Hotel Eden à Rome.

Une porte-parole de la diplomatie américaine avait déjà évoqué l'inquiétude des Etats-Unis après l'instauration de la charia à Brunei, tout en précisant que Washington ne s'associait pas à l'appel au boycott de ces hôtels.

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