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Mohamed Harkat affirme être condamné à la torture et la mort en Algérie

15/05/2014 01:50 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

OTTAWA - S'il en vient à être déporté dans son Algérie natale, le suspect de terrorisme Mohamed Harkat affirme être si certain qu'il sera tué là-bas qu'il suggère au gouvernement canadien de l'extrader avec son cercueil.

La Cour suprême du Canada a maintenu mercredi le certificat de sécurité émis contre lui, jugeant à l'unanimité que ce processus — bien qu'imparfait — ne viole pas la Charte canadienne des droits et libertés.

Mais M. Harkat, âgé de 45 ans, est convaincu que la torture et la mort l'attendent à son retour en Algérie, étant donné les graves accusations qui pèsent contre lui.

Lors d'une conférence de presse, jeudi à Ottawa, il a fait valoir que l'«objectif ultime» de ces 12 ans d'attente devant les tribunaux est anéanti avec le refus du plus haut tribunal du pays de lui accorder un procès juste et équitable afin qu'il puisse se défendre.

Lors d'une allocution empreinte d'émotion, M. Harkat a indiqué au gouvernement canadien que s'il voulait l'envoyer en Algérie, il était aussi bien de le déporter avec un cercueil.

Le suspect de terrorisme avait été mis en détention à Ottawa en décembre 2002 relativement à des soupçons d'avoir été une taupe du réseau Al-Qaïda — ce qu'il nie catégoriquement. Le gouvernement tente de déporter le réfugié algérien en vertu d'un certificat de sécurité, une mesure rarement utilisée pour expulser des non-citoyens canadiens impliqués dans des affaires d'espionnage ou d'extrémisme politique.

Les avocats de M. Harkat ont plaidé que le processus du certificat de sécurité est injuste puisque la personne n'a pas accès à l'ensemble de la preuve recueillie contre lui.

Comme M. Harkat est un réfugié, l'Agence des services frontaliers du Canada ne peut le déporter à moins que le ministre de l'Immigration n'émette un «avis de danger» le présentant comme un risque pour la population ou la sécurité nationale.

L'agence a ajouté que quiconque devant être expulsé du Canada «a droit à une application régulière de la loi, et toutes mesures de renvoi sont assujetties à la surveillance des tribunaux».

Dans un bref communiqué, mercredi, le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Steven Blaney, avait déclaré que le gouvernement canadien était «satisfait des conclusions sur la constitutionnalité et le caractère raisonnable du certificat». Il a ajouté que le gouvernement examinerait «de près la décision».

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