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Les Palestiniens marquent le 66ème anniversaire de la "Nakba"

15/05/2014 06:22 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Les dirigeants palestiniens marquaient jeudi le 66e anniversaire de la "Nakba", ou l'exode de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d'Israël en 1948, commémoré par des manifestations en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

"En ce 66e anniversaire de la Nakba (catastrophe, en arabe) nous espérons que cette année sera celle de la fin d'une longue souffrance", a déclaré le président Mahmoud Abbas, lui-même un réfugié, dans une allocution retransmise mercredi soir.

"Il est temps de mettre fin à la plus longue occupation de l'histoire moderne et temps pour les dirigeants d'Israël de comprendre qu'il n'y a pas d'autre patrie pour les Palestiniens que la Palestine", a ajouté M. Abbas.

"Le gouvernement israélien revient sur les accords et les engagements antérieurs et pose de nouvelles conditions exorbitantes, comme la reconnaissance de la judéité de l'Etat d'Israël, et a lancé une course contre la montre pour judaïser Jérusalem et étendre la colonisation", a déploré le président palestinien.

Le négociateur palestinien Saëb Erakat a pour sa part récusé l'exigence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'une reconnaissance d'Israël par les Palestiniens comme "Etat du peuple juif", y voyant "un moyen de nous demander de nier l'existence de notre peuple et les horreurs qu'il a subies en 1948".

"Ce jour, en 1948, marque l'exil forcé de plus de 750.000 Palestiniens de leurs maisons et leur terre. Certains ont été victimes de massacres brutaux, beaucoup d'autres ont fui par crainte pour leur vie. Un petit nombre a réussi à rester dans ce qui deviendrait Israël", a-t-il rappelé dans une tribune publiée par le quotidien israélien Haaretz.

"La Palestine a reconnu le droit d'Israël à exister depuis 1988", souligne-t-il, en référence à la "Déclaration d'indépendance" de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

"Nous ne demandons pas que l'hébreu ne soit pas la langue officielle ni que les fêtes juives ne soient pas des fêtes officielles. Ce n'est pas à nous de définir le caractère d'Israël. Mais nous ne permettrons pas qu'un seul Palestinien soit présenté comme un immigrant ou un intrus sur sa propre terre", affirme M. Erakat.

"Le concept d'un Etat exclusivement juif implique nécessairement la négation de la Nakba. Il nous dit: +Ceci est notre terre. Vous y étiez illégalement, temporairement, par erreur+", argue-t-il.

La "Nakba" s'est traduite par l'exode de quelque 760.000 Palestiniens, qui sont aujourd'hui avec leurs descendants plus de 5 millions, répartis pour l'essentiel entre la Jordanie, la Syrie, le Liban et les Territoires palestiniens, seuls 160.000 restant dans ce qui est devenu Israël.

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