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Le dialogue national marque le pas au Venezuela, l'opposition en appelle aux médiateurs

15/05/2014 04:20 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

L'opposition au Venezuela a annoncé qu'elle rencontrerait dimanche une délégation de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) pour tenter de relancer un dialogue national qui marque le pas avec le gouvernement du président Nicolas Maduro.

"Les ministres des Affaires étrangères (de l'Unasur) ont annoncé qu'ils viendraient ce week-end et nous nous réunirons avec eux et le nonce apostolique de Caracas dimanche", a indiqué jeudi à l'AFP Ramon José Medina, coordinateur du dialogue pour la coalition d'opposition de la Table de l'unité démocratique (MUD).

Initié début avril grâce aux efforts de médiation de l'Unasur, ce dialogue national inédit a pour objectif de trouver une issue à plus de trois mois d'un mouvement de contestation contre le président Maduro mené par des étudiants et des opposants lui reprochant sa gestion dans les domaines de la sécurité et de l'économie.

Mais après plusieurs rencontres à huis clos et l'instauration de commissions de travail thématiques, les discussions marquent le pas depuis que la semaine dernière le gouvernement a lancé plusieurs offensives contre des étudiants, interpellant plus de 300 d'entre eux. La plupart d'entre eux ont été libérés depuis.

Les violences en marge de ces plus de trois mois de manifestations ont fait officiellement 42 morts et plus de 800 blessés.

"Nous espérons que les ministres et le nonce, en tant que médiateurs, montrent au gouvernement la nécessité, s'il souhaite que le dialogue prospère, qu'il prenne des décisions et change d'attitude", a poursuivi par téléphone Ramon José Medina.

L'opposition reproche à l'aile radicale du "chavisme" - représentée notamment par le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello ou le ministre de l'Intérieur Miguel Rodriguez - de torpiller les discussions.

Pour l'analyste politique Mercedes Pulido de Briceño, le dialogue est "incertain" et "n'avance pas".

Cette "crise" est due pour partie, selon elle, au président socialiste Nicolas Maduro qui "est prisonnier de son entourage, du parti (socialiste) au pouvoir, des radicaux, des militaires (...) qui veulent résoudre les problèmes en défendant la révolution" lancée par le défunt président Hugo Chavez (1999-2013).

Mais "l'opposition doit être plus ferme et concrète dans ses demandes", a-t-elle également souligné. Cette tâche est rendue difficile par l'hétérogénéité de la MUD, qui regroupe une trentaine de formations, allant du marxisme-léninisme à l'extrême-droite, et dont certains leader refusent le dialogue avec les autorités.

On compte parmi eux le dirigeant du parti Voluntad Popular (VP, droite), Leopoldo Lopez, qui milite pour obtenir la chute du gouvernement et incarcéré depuis mi-février sous l'accusation d'incitation à la violence dans les manifestations anti-gouvernementales.

De son côté, le président Maduro a appelé à maintenir le dialogue "malgré les pressions". "Je ne vais pas quitter la table" des négociations, a-t-il affirmé mercredi dans son programme radio "En contact avec Maduro".

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