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Le bilan de la catastrophe minière en Turquie s'élève maintenant à 282 morts

15/05/2014 08:40 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

SOMA, Turquie - Le bilan de la catastrophe minière survenue en Turquie s'élève maintenant à 282 morts, ce qui en fait le pire accident du genre à avoir frappé le pays.

Des centaines de personnes ont assisté aux funérailles de victimes jeudi dans la ville minière de Soma, dans l'ouest du pays, où des dizaines de fosses ont été creusées pour accueillir les dépouilles.

Même si 363 mineurs ont été secourus, 142 autres manquent toujours à l'appel, selon les données fournies par le gouvernement. Aucun mineur n'a été retrouvé vivant depuis le début de la journée de mercredi.

La colère des proches des victimes se tourne de plus en plus vers le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui s'est rendu à Soma pour prendre connaissance de la situation et offrir ses condoléances aux familles éplorées.

M. Erdogan, qui devrait annoncer sous peu sa candidature à l'élection présidentielle du mois d'août, a toutefois dû se réfugier dans un supermarché mercredi, quand une foule en colère a commencé à le traiter de voleur et de meurtrier, avant d'affronter la police.

Plusieurs quotidiens turcs ont publié jeudi une photo qui montre un proche de M. Erdogan frappant du pied un manifestant retenu au sol par des policiers antiémeute. Une vidéo de l'incident impliquant Youssouf Yerkel circule aussi sur les médias sociaux. Le bureau de M. Erdogan a rapidement tenté de se distancer de cette affaire en déclarant qu'elle était «personnelle» à M. Yerkel. Ce dernier aurait rudoyé le manifestant trois ou quatre fois après que l'homme eut frappé un véhicule du convoi du premier ministre.

M. Erdogan avait précédemment cherché à minimiser l'importance de la catastrophe, en déclarant que les accidents miniers sont des événements ordinaires qui se produisent aussi dans d'autres pays.

Des manifestations ont été organisées dans la capitale, Ankara, à Istanbul et dans d'autres villes. Le plus important syndicat du pays, Turk-Is, a participé à une grève d'une journée organisée par d'autres syndicats afin de réclamer de meilleures conditions de travail pour les mineurs.

En réponse à cet appel à la grève, des mineurs de la région de Zonguldak ont refusé d'entrer au travail. À Istanbul, un groupe a scandé des slogans antigouvernementaux et brandi une affiche sur laquelle on pouvait lire: «Ce n'est pas un accident, c'est un meurtre».

Les opérations de secours ont été interrompues à de nombreuses reprises en raison des gaz toxiques dégagés par le charbon qui brûle dans la mine. Le ministre de l'Énergie, Taner Yildiz, a indiqué aux journalistes que les recherches se concentraient maintenant dans deux secteurs de la mine.

«Nous croyons que nous avons encore des frères dans deux secteurs que nous n'avons pas pu rejoindre», a-t-il dit. Il n'a pas précisé si les secouristes pensent que ces mineurs sont vivants ou morts.

Les responsables ont expliqué que l'incendie avait été provoqué par l'explosion d'une unité de distribution électrique et que les victimes avaient été empoisonnés par des émanations de monoxyde de carbone. Le premier ministre a promis que la tragédie ferait l'objet d'une enquête «dans les moindres détails» et «qu'aucune négligence ne sera oubliée».

Le ministère turc du Travail et de la Sécurité sociale affirme que la mine avait été inspectée à cinq reprises depuis 2012, le plus récemment en mars 2014, et qu'aucun problème de sécurité ou autre n'y avait été détecté.

Le ministre Yildiz a indiqué que 787 personnes se trouvaient à l'intérieur de la mine au moment de l'accident. L'explosion s'est produite à environ deux kilomètres à l'intérieur de la mine, au moment où les travailleurs se préparaient à un changement de quart, ce qui a probablement contribué à la lourdeur du bilan.

Les accidents miniers sont fréquents en Turquie, en raison des nombreux problèmes de sécurité. Précédemment, le pire accident du genre à survenir au pays s'était produit en 1992, quand une explosion de gaz avait tué 263 personnes près de la ville portuaire de Zonguldak, sur la mer Noire.

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