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La tragédie de Walkerton s'invite dans la campagne électorale ontarienne

15/05/2014 06:58 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

La tragédie de Walkerton, cette petite ville de l'Ontario où sept personnes sont mortes après avoir consommé une eau contaminée à la bactérie E. coli en mai 2000, s'est invitée dans la campagne électorale provinciale, jeudi.

Le gouvernement qui était en place à ce moment préconisait les compressions budgétaires et la privatisation de certains services d'aqueduc. Et les contribuables de l'Ontario paient encore pour ce désastre survenu il y a 14 ans presque jour pour jour.

C'est dans ce contexte que la promesse du leader progressiste-conservateur Tim Hudak, qui compte supprimer 100 000 emplois dans la fonction publique s'il est élu, est revenue sur le tapis. Car ces compressions seraient encore plus importantes que celles ayant ouvert la voie à la tragédie de Walkerton.

Selon Phil Englishman, un résidant de la municipalité comptant près de 5000 citoyens, cette crise sanitaire pourrait fort bien se reproduire. Il craint de fait que cela n'arrive dans d'autres secteurs qui sont du ressort du gouvernement.

Ce message a été bien entendu par la première ministre libérale sortante, Kathleen Wynne. Sa caravane électorale a d'ailleurs mis le cap sur Walkerton, jeudi, afin de le prouver.

Elle s'est rendue au centre de traitement des eaux qui a été bâti dans la foulée de la tragédie, où elle a attaqué le plan économique de M. Hudak.

«Nous devons apprendre des erreurs qui ont été faites en Ontario dans le passé et éviter de les reproduire, a-t-elle dit. Les décisions ont des conséquences, les compressions ont des conséquences: l'accès à l'eau potable n'est pas un service optionnel.»

L'éclosion de la bactérie E. coli à Walkerton a tué sept personnes, dont un bébé, en plus de rendre 2500 personnes malades après que des eaux de pluie eurent transporté du fumier contaminé dans au moins un des principaux puits de la municipalité.

Une enquête exhaustive avait blâmé deux frères qui étaient responsables du service des eaux de Walkerton, mais également le gouvernement conservateur de l'époque, qui était dirigé par Mike Harris.

Ce dernier a été accusé d'avoir contribué à la tragédie en privatisant les services de vérification de la qualité de l'eau tout en sabrant dans les emplois au ministère de l'Environnement.

Tim Hudak a déjà affirmé que les services essentiels, comme ceux qui sont dispensés par les infirmières, les médecins et les policiers, ne seraient pas touchés par ces compressions.

Accusant son adversaire libérale d'utiliser la stratégie pour marquer des points, il a assuré qu'il n'éliminerait pas d'emplois d'inspecteurs de la qualité de l'eau.

«Je pense que personne n'a envisagé cela», a-t-il dit en marge d'un événement de campagne à London, en Ontario.

Cela n'a pas convaincu l'ancien maire de Walkerton, Charlie Bagnato, qui a taxé Tim Hudak de «disciple de Mike Harris».

«Et ce qui s'est ultimement passé avec Mike Harris a été assez négatif», a-t-il laissé tomber jeudi.

L'élection ontarienne aura lieu le 12 juin.

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