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Inde : le nationaliste hindou Modi se prépare à remporter les législatives

15/05/2014 11:30 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Le dirigeant nationaliste hindou Narendra Modi devrait conquérir le pouvoir en Inde vendredi, ses promesses d'emplois et de développement économique semblant avoir séduit un électorat déçu par le parti du Congrès de la dynastie Gandhi-Nehru.

Le décompte des voix a commencé à 08H00 (02H30 GMT), épilogue très attendu de cinq semaines de scrutin qui ont vu 551 millions d'électeurs, un record, se rendre aux urnes pour ces élections législatives.

Modi, fils d'un vendeur de thé de 63 ans, a monopolisé la campagne électorale en multipliant les meetings, parfois grâce à son hologramme en 3D, avec comme message principal la promesse d'incarner un pouvoir fort à même de relancer l'économie indienne.

Les sondages sortis des urnes publiés depuis lundi donnent à son parti, le Bharatiya Janata Party (BJP), son meilleur résultat jamais enregistré face à un parti du Congrès usé par dix ans de pouvoir et des scandales de corruption à répétition. Le BJP et ses alliés pourraient même obtenir la majorité absolue, selon ces sondages.

Les attentes sont fortes au sein de la population indienne après cette campagne centrée sur Modi et son bilan économique dans l'Etat du Gujarat, qu'il dirige depuis 2001.

"Je suis allé dans le Gujarat et j'ai vu de belles routes, de bonnes infrastructures et de bons hôtels, c'était un peu comme l'Amérique", déclare ainsi Ajit Singh, entraîneur de lutte rencontré à New Delhi. "Avec Modi, il y aura des progrès", estime t-il.

Les marchés boursiers ont déjà anticipé une nette victoire de Modi avec une hausse de 5% sur la semaine, les investisseurs faisant preuve d'un optimisme, que certains jugent exagéré, sur sa capacité à sortir l'Inde de ses difficultés: infrastructures défaillantes, inflation galopante, etc.

Les grands industriels du pays soutiennent le dirigeant du BJP en raison du bon accueil reçu par les entreprises sur ses terres du Gujarat tandis que son ascension sociale a convaincu une partie de la population qu'il pourrait incarner un pouvoir fort et efficace.

Au-delà des nationalistes hindous, il a aussi rallié une partie des plus pauvres qui votaient traditionnellement pour le Congrès et ses programmes sociaux.

Les attaques de ses opposants - l'un l'a qualifié de "diable" et de "boucher du Gujarat" - et les mises en garde des minorités religieuses sur les fractures qu'il pourrait créer au sein de la population ne semblent pas avoir fait mouche.

- Rupture pour les Gandhi -

Le meilleur résultat du BJP remonte à 1999 avec 182 sièges qui lui avaient permis de diriger le pays jusqu'en 2004.

Il pourrait cette fois obtenir avec ses alliés la majorité absolue (272 des 543 sièges en jeu).

"Modi est arrivé au bon moment, alors que la population est gagnée par l'abattement", estime Mohan Guruswamy, du think-tank Centre for Policy Alternatives.

Une nette défaite chamboulerait probablement le Congrès et poserait la question de la capacité de la famille Gandhi à diriger le pays. Rahul Gandhi a conduit une campagne jugée terne, incapable de lui donner un élan.

"Rahul Gandhi a été incapable de communiquer, il n'a parlé que de façon elliptique", estime le politologue.

L'arrivée de Modi au pouvoir constituerait un changement radical pour les grands pays occidentaux qui ont boycotté le dirigeant indien pendant près de dix ans après les émeutes qui ont ensanglanté le Gujarat en 2002.

Plus de 1.000 personnes ont été tuées dans ces émeutes, essentiellement des musulmans. Modi a été accusé d'avoir encouragé les violences.

Pendant la campagne, il s'est abstenu de mettre en avant les revendications nationalistes les plus radicales du programme du BJP.

"Il sera jugé sur l'économie. Et s'il échoue à relancer l'économie? Le plan B pourrait être l'hindutva", à savoir le nationalisme hindou, estime Christophe Jaffrelot, chercheur à Sciences Po et au King's College de Londres.

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