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Implants PIP: pas de retrait préventif requis, selon les experts de la Commission Européenne

15/05/2014 12:19 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Un comité scientifique mandaté par la Commission européenne a confirmé jeudi ne pas pouvoir associer les implants mammaires frauduleux de la société française PIP à une toxicité particulière, et jugé qu'un retrait préventif n'était pas nécessaire.

"Les implants PIP ont un taux de rupture beaucoup plus élevé que les implants d'autres fabricants, mais à cette date, aucun risque accru de santé n'a été associé à l'exposition au gel de silicone émanant d'un implant PIP en comparaison d'autres implants", a conclu le Comité scientifique sur les nouveaux risques de santé (SCENIHR).

Mandaté par la Commission européenne, ce Comité a rendu cet avis final, qui confirme une première expertise réalisée en 2012, à l'issue d'une consultation publique menée d'octobre 2013 à janvier 2014.

"Il n'y a pas de preuve fiable qu'un implant PIP rompu crée un risque pour la santé supérieur à celui d'un implant mammaire en silicone d'un autre fabricant", affirme cet avis.

Même en cas d'inflammation à la suite de la rupture d'un implant PIP, aucune association n'a pu être établie "avec des cancer du sein ou des lymphomes anaplasiques à grandes cellules", précise le texte.

En conséquence, le SCENIHR conclut qu'il "n'y a pas de données convaincantes (....) pour justifier un retrait de routine d'implants PIP intacts".

Selon le dernier bilan de l'Agence française du médicament et des produits de santé, 17.411 femmes avaient fait retirer fin décembre 2013 leurs implants mammaires PIP, la plupart à titre préventif, pour une nombre de porteuses estimées à 30.000 en France et à plusieurs centaines de milliers dans le monde.

L'Agence a jusque là signalé 74 cancers du sein survenus chez des femmes porteuses d'implants PIP, mais relevé qu'ils ne sont pas "reliés aux particularités des prothèses PIP".

La découverte en novembre 2011 d'un cas de lymphome anaplasique à grandes cellules, un type rare de lymphome, chez une femme porteuse de PIP avait conduit les autorités sanitaires françaises à proposer un retrait préventif, mais aucun nouveau cas n'a depuis été signalé.

Liquidée en mars 2010, la société PIP utilisait pour ses implants un gel de silicone non homologué et moins cher que celui déclaré officiellement, pour un gain annuel chiffré à un million d'euros.

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