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Grèce: élections locales dimanche, un premier test pour Samaras

15/05/2014 06:19 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Dix millions de personnes sont appelées dimanche à voter aux élections locales en Grèce, un premier test pour la coalition droite-socialistes d'Antonis Samaras, face au parti de gauche radicale Syriza et avant un second tour coïncidant avec les européennes.

Ce scrutin à la majorité absolue, visant à élire 325 maires et 13 présidents de régions, permettra de déceler les tendances de l'électorat vis-à-vis de la coalition au pouvoir depuis deux ans -- sous la direction de ce Premier ministre conservateur --, usée par la politique de rigueur mais qui se prévaut d'une "stabilisation" politique et économique après quatre ans de crise.

"Le vote de dimanche est basé sur des caractéristiques locales mais sur le fond c'est une épreuve de force entre ceux qui tolèrent la politique du gouvernement et ceux qui souhaitent envoyer un message de protestation", estime Thomas Gerakis, directeur de l'Institut de sondage Marc.

La polarisation dans les sondages est patente surtout pour le second tour, qui se déroulera avec les européennes du 25 mai: Nouvelle-Démocratie (droite) est au coude à coude avec Syriza, qui incarne l'opposition à la politique d'austérité et profite de l'effondrement des socialistes du Pasok.

Le grand enjeu des locales est traditionnellement la région d'Athènes (Attique), qui rassemble à elle seule 30% du corps électoral.

"Le grand pari de Syriza est de l'emporter sur l'actuel président de région Yannis Sgouros", soutenu par le centre-gauche, le Pasok (rebaptisé "Olivier"), souligne le politologue Ilias Nikolakopoulos.

Un pari difficile toutefois compte tenu que M. Sgouros devance Rena Dourou de Syriza de trois points, écart qui devrait s'élargir au second tour: l'actuel président de région mise sur les voix de la droite, dont le candidat, un ex-député européen, arrive en troisième position.

"Le contexte de ces élections locales est différent de celui d'il y a quatre ans quand le Pasok, seul au pouvoir, l'avait emporté dans huit des 13 régions du pays en bénéficiant d'alliances avec les écologistes et la gauche radicale", rappelle M. Gerakis.

D'autre part, "la droite présente plus d'un candidat dans certaines mairies, comme à Athènes, ce qui va profiter à la gauche", ajoute-t-il.

-- "On vote pour Athènes" --

Pour les villes d'Athènes et Salonique (deuxième ville dans le Nord), la victoire des maires actuels Georges Kaminis et Yannis Boutaris respectivement, est quasi certaine, les deux devançant leurs adversaires de plus de 7 points dans les sondages.

Élus lors des dernières élections locales en 2010, ces deux maires, soutenus par le centre gauche, ont réussi à conserver leur popularité en prenant leurs distances avec leurs soutiens.

"Dimanche on vote pour Athènes et non pas pour les formations partisanes", a lancé M. Kaminis au début de la semaine,en tentant de réduire la polarisation.

A l'opposé, son adversaire de droite Aris Spiliotopoulos, en deuxième position, mais qui n'enregistre qu'un faible écart par rapport au candidat de Syriza, a qualifié le scrutin à Athènes "de referendum" et mis en avant les problèmes "de sécurité et d'immigration clandestine".

Sur la liste des candidats pour la mairie d'Athènes figure Ilias Kassidiaris, député et porte-parole du parti néonazi Aube dorée, inculpé comme la plupart de ses collègues pour participation à "une organisation criminelle" après deux meurtres imputés à des membres de son parti.

Il est crédité de 12,1% des intentions de vote, arrivant en quatrième position.

Aube dorée avait fait sa première entrée au conseil municipal d'Athènes en 2010 en faisant élire son dirigeant Nikolaos Michaloliakos, actuellement en détention provisoire.

Des candidats de ce parti figurent également sur les listes de la mairie de Salonique et de la région d'Athènes.

Vu le discrédit actuel des politiques grecs, lié à la crise, l'abstention devrait s'élever au même niveau que lors des précédentes élections locales, à 60%, selon M. Gerakis.

"Les électeurs vont de toute façon voter pour les européennes, ce qui va profiter aussi aux locales surtout au second tour", estime-t-il.

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