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GB: les Amis de la Syrie dénoncent la farce électorale du régime Assad

15/05/2014 11:43 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Les pays Amis de la Syrie ont qualifié jeudi à Londres de "farce" la présidentielle syrienne, tandis que le régime était accusé de nouvelles attaques chimiques dans la guerre, qui a fait au moins 29 nouvelles victimes près de la frontière turque.

A l'approche du scrutin présidentiel du 3 juin qui devrait voir la réélection sans surprise de Bachar al-Assad, les onze Amis de la Syrie --Royaume-Uni, Allemagne, Italie, France, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Egypte, Jordanie, Etats-Unis, Turquie -- ont dénoncé, en présence du chef de l'opposition syrienne Ahmad Jarba, un scrutin "illégitime" et une "parodie de démocratie".

"Nous appelons l'ensemble de la communauté internationale à rejeter ces élections illégitimes, comme la Ligue arabe, les Nations unies, les Etats-Unis, la Turquie et l'Union européenne l'ont déjà fait", ont souligné les Onze dans un message développé ensuite en conférence de presse par le chef de la diplomatie britannique, William Hague, hôte de la réunion, et son homologue américain John Kerry.

- "Farce, insulte et imposture" -

Le secrétaire d'Etat américain a qualifié de "farce", d'"insulte et d'"imposture" le scrutin à venir, qui se déroulera uniquement dans les territoires contrôlés par le régime dans un pays ravagé par trois années de conflit.

John Kerry a, par ailleurs, déclaré avoir connaissance d'éléments "non vérifiés, non confirmés" suggérant l'utilisation d'armes chimiques au chlore en Syrie. "J'ai vu des données brutes qui suggèrent, comme la France l'a déjà indiqué, que du chlore a été utilisé à plusieurs reprises dans le cadre de la guerre", a-t-il souligné, sans préciser quel camp était soupçonné d'avoir eu recours à ces armes.

En visite à Washington mardi, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a assuré que le régime syrien avait utilisé à 14 reprises des armes chimiques, notamment du chlore, depuis octobre.

Mardi, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a également fait état de preuves solides sur des attaques au chlore menées par le régime syrien dans trois villes à la mi-avril.

Ces accusations interviennent alors que la Syrie doit encore achever le processus de désarmement chimique, considéré comme un des rares progrès dans la crise syrienne. Le régime qui s'est engagé à détruire tout son arsenal d'ici au 30 juin, en aurait déjà éliminé 92%.

"Nous avons donc décidé de demander au Conseil de sécurité de porter à la connaissance de la Cour pénale internationale les faits sur le terrain. Ce n'est pas parce qu'il y a un risque de véto que nous devons soutenir l'impunité de Bachar" al-Assad, a souligné Laurent Fabius jeudi à Londres.

Créé en 2012 pour soutenir l'opposition au régime de Bachar al-Assad, et contrer les vétos de la Chine et de la Russie aux résolutions de l'ONU, le groupe des Amis de la Syrie ne s'était pas réuni depuis janvier dernier.

A défaut de relancer un processus de paix au point mort, les onze ont conforté leur soutien à l'opposition démocratique, et tenté de trouver, selon John Kerry, de "nouveaux moyens pour acheminer l'aide humanitaire au peuple syrien", indépendemment des circuits officiels syriens.

Pendant ce temps, au moins 29 personnes ont été tuées et plusieurs dizaines blessées dans un attentat à la voiture piégée du côté syrien de la frontière syro-turque, à un point de passage, Bab al-Salama, tenu par des rebelles islamistes.

Cinq femmes et trois enfants figurent parmi les personnes tuées par cet attentat ayant visé une zone utilisée comme parking, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Des photos de l'attentat mises en ligne par des militants montrent notamment des hommes en état de choc debout autour de corps carbonisés. Une vidéo diffusée sur YouTube montre par ailleurs de la fumée s'élevant de la carcasse d'une voiture pulvérisée ainsi que des bagages abandonnés.

Les alentours de ce point de passage, contrôlé par les rebelles engagés depuis janvier dans des combats meurtriers avec les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), avaient déjà été visés par des attentats à la voiture piégée.

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