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Enquête sur l'accident du vol Rio-Paris: Airbus déplore la violation du secret de l'instruction

15/05/2014 05:54 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Le constructeur européen Airbus a déploré jeudi la violation du secret de l'instruction après la publication, cette semaine, d'éléments d'une contre-expertise judiciaire française menée dans le cadre de l'enquête sur la catastrophe aérienne du Rio-Paris survenue en 2009.

"Airbus déplore aujourd'hui que le deuxième rapport établi par le collège d'experts indépendants nommé par le juge d'instruction ait été transmis à la presse pour publication en violation du secret d'instruction", explique l'avionneur européen dans une déclaration écrite.

Les conclusions de cette contre-expertise, qui semblent dédouaner en partie Airbus, avaient été partiellement dévoilées mardi dans la presse.

Dans ce document, daté du 30 avril et ordonné un an plus tôt par les juges françaises suite à une requête d'Airbus, les experts mettent en exergue la responsabilité de l'équipage dont la réaction a été "inappropriée". Ils incriminent aussi la compagnie qui n'aurait pas donné de directives claires suite à la défaillance répétée des sondes de vitesse Pitot, point de départ de l'accident.

Mercredi, Air France a annoncé qu'elle allait déposer un recours en nullité, estimant que cette contre-expertise "a été conduite de manière unilatérale et non contradictoire".

Airbus souligne jeudi qu'il "n'apporte pas de commentaires sur les actions judiciaires en cours".

Il rappelle que "la sécurité des vols et des passagers est au coeur" de ses préoccupations. "Nous apportons en permanence à nos 500 clients, ainsi qu'aux autorités de contrôle et certification, tout le support nécessaire à l'exploitation des 7.700 Airbus qui chaque jour sillonnent le monde", insiste-t-il.

Cet accident d'un A330 d'Air France, au large du Brésil le 1er juin 2009, a coûté la vie aux 228 passagers et membres d'équipage.

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), qui avait conduit l'enquête technique française, avait conclu que la catastrophe s'expliquait par une combinaison de défaillances techniques et humaines.

La justice poursuit depuis son instruction, alors qu'Air France et Airbus sont mis en examen depuis mars 2011 pour homicides involontaires.

L'enjeu est de taille puisque la justice doit se prononcer sur les responsabilités pénales en vue des éventuels dédommagements des familles des victimes.

Dt/fpo/thm/

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